Oui, pourquoi payer (tous) les MP3 ?
Ne rien payer, c'est pas franchement bien. Mais tout payer, c'est pas beaucoup plus malin...
Le risque, c'est que des contenus disparaissent définitivement.
En effet, en interdisant la copie et la diffusion par des passionnés, on interdit par la-même un archivage mutualisé de la culture de l'humanité.
Jean-Luc Godard dévoile sa vision des droits d'auteurs : « Le droit d'auteur, vraiment c'est pas possible. Un auteur n'a aucun droit. Je n'ai aucun droit. Je n'ai que des devoirs. Je suis contre Hadopi, bien sûr. Il n'y a pas de propriété intellectuelle. Je suis contre l'héritage, par exemple. Que les enfants d'un artiste puissent bénéficier des droits de l'œuvre de leurs parents, pourquoi pas jusqu'à leur majorité… Mais après, je ne trouve pas ça évident que les enfants de Ravel touchent des droits sur le Boléro… ». Et paf.
J'ai peur que l'état français engloutisse des sommes folles dans la machinerie complexe et futile d'HADOPI, alors que cet argent serait bien mieux utilisé pour soutenir de bonnes initiatives (équipement informatique des écoles, formations des enseignants et internautes, subventions aux "jeunes pousses" et sites web, aide au développement de nouveaux moyens de commercialisation sur internet, subventionnement de la protection des internautes sur internet, reconditionnement de matériel informatique usagé...). Merde il y a tellement mieux à faire qu'à dilapider l'argent public dans un grand bidule inutile qui ne sert qu'à rassurer quelques millionnaires. Ça n'aide même pas les artistes.
On mentionnera encore, et encore, et encore la petite phrase de Patrick Waelbroeck, maitre de conférences à l’ENST qui souligne que « malgré l’eau du robinet, les marchands d’eau en bouteille gagnent de l’argent ».
Enfin, Bernard Kouchner appelle à "donner une traduction juridique à l'universalité d'Internet, lui conférer un statut qui le rapproche d'un espace international, afin qu'il soit plus difficile pour les Etats répressifs d'utiliser l'argument de la souveraineté contre les libertés fondamentales". C'est un "projet (qui) me tient à coeur", écrit-il, en concédant qu'il sera "difficile à mettre en oeuvre".
En somme, résume-t-il, "le gouvernement se trouve en fait pris au piège de sa politique sur les contenus culturels, et ne sait pas comment continuer à rémunérer des ayant-droit qui ne font rien pour faire émerger des alternatives". Alain Bazot ne manque pas de rappeler que l'UFC-Que Choisir a depuis longtemps proposé une licence globale, qui aurait permis de marier le financement de l'audiovisuel avec une sorte de taxation des abonnements à Internet.
On notera que dans ses diverses explications, pas plus qu'il y a un an, le député Riester pourtant membre de la Hadopi, n’a été capable de fournir de détails sur ces fameux logiciels de sécurisation. Une cachoterie d'autant plus pesante que ce même Riester n'avait pas voulu que ces logiciels soient impérativement gratuits ou interopérables.
Plus fondamentalement, si les faux mails se multiplient, l'Hadopi risque de dépenser davantage d'énergie à faire connaître le type de message qu'elle envoie pour aider les internautes inquiets à distinguer les vrais des faux, qu'à communiquer sur la finalité de sa mission. Elle ne dira plus "Si vous ne protégez pas votre accès à Internet, vous recevrez un e-mail d'avertissement". Mais "Faites attention si vous recevez un mail d'avertissement, il ne vient pas de l'Hadopi". Dur dur.
Le fournisseur d'accès associatif FDN a annoncé ce jeudi qu'il saisissait le Conseil d'Etat en vue de faire annuler le décret publié au mois de mars, qui crée le fichier des infractions de l'Hadopi et désigne les informations que les fournisseurs d'accès devront transmettre à la Haute Autorité.
Signe qu'une connexion non-sécurisée est dangereuse mais aussi que l'adresse IP seule sont des éléments à prendre avec précautions, cette affaire illustre parfaitement les risques d'Hadopi. A ce titre, la riposte graduée a promis d'utiliser cette même adresse IP pour sanctionner les internautes qui téléchargeraient illégalement des contenus.
Il ne faut pas en accuser les technologies de l’information : la faille était d’origine dans le droit de la propriété intellectuelle, qui est inadapté à la transmission des savoirs.
La propriété intellectuelle semble de plus en plus un abus de droit parce qu’elle était purement conventionnelle, que de moins en moins de personnes en acceptent la légitimité, et qu’elle tient désormais par la force contre les mœurs.
Au résultat, dans son principe, le droit d’auteur tel qu’il a été défini depuis le 18e siècle est devenu inadéquat et peu opérant, en fait un concept périmé.
Si on y regarde de plus près, on remarque que les revenus des auteurs provenaient non pas de la reproduction de leurs œuvres, mais de leur représentation auprès d’un public. Qu’il s’agisse des leçons d’un maître, des avis d’un conseiller, des pièces de théâtre ou des chansons d’un poète, on rémunérait l’auteur à sa prestation, et les écrits n’en étaient que la mémoire figée.
« Je vais demander une commission d’enquête parlementaire sur les salaires pharaoniques des dirigeants de la Sacem et sur certaines pratiques ». Via Twitter, le député UMP Yannick Favennec est le premier parlementaire à réagir officiellement après la publication, il y a plusieurs semaines, du dernier rapport de la Cour des comptes sur les sociétés de gestion collective en France.
On en arrive donc à une situation ubuesque où une autorité administrative reproche à des abonnés de ne pas sécuriser leur accès, sans qu’un (hypothétique) logiciel de sécurisation ne soit labellisé par cette instance pour les aider dans cette tâche.
Donc vous n’hallucinez pas, TMG injectera bien aléatoirement des ip dans les réseaux P2P, c’est même très clairement spécifié !
Contrairement à la croyance, une œuvre sous « licence libre » n’est pas « libre de droits » ou dans le « domaine public ».
Mais plus personne ne comprend ce qu'elle est censée compenser. S'il s'agit de compenser les copies des œuvres achetées dans le commerce, pourquoi le "risque" lié à ces copies n'est-il pas inclus dans le prix des œuvres ? S'il s'agit, comme tout le monde le sait mais comme la loi interdit de le dire, de compenser les pratiques illicites de téléchargement, pourquoi ne pas légaliser ces pratiques qui donnent lieu à paiement de la part des consommateurs ? Ce qui n'était jusque là d'une hypocrisie est devenu un scandale avec la loi Hadopi. On ne peut pas taxer d'une main ce qu'on pénalise d'une autre.
la méthode de calcul qui vise à estimer qu'un fichier téléchargé illégalement est autant d'argent perdu pour l'économie est fausse. Au contraire, cet argent serait réinjecté dans d'autres secteurs.
Selon l'homologue de Brice Hortefeux, il s'agit d'un simple échange sans but commercial, qui ne doit pas être assimilé à un acte délictuel. C'est comme "faire une copie d'un CD que l'on a acheté pour la donner à d'autres", explique-t-il.
La Commission permanente n'a pas pu pousser plus loin ses investigations, car la Sacem ne dispose pas d'un suivi analytique des dépenses payées par carte. L'opacité "étonne" les rapporteurs...