69 liens privés
L'ouvrage de 151 pages écrit pour "que la résistance s’organise et se dresse contre le système" pourra être commandé dans sa version imprimée pour 5 euros, ou 35 euros avec dédicace ; ce qui est un mode intelligent de rémunération pour un livre que l'on pourra aussi télécharger et partager gratuitement.
Pour une fois qu'il y a dans le contrat qui lie les artistes aux maisons de disques, une clause en faveur des artistes... Les maisons de disques vont tout faire pour ne pas l'appliquer : honteux !
La question de la propriété intellectuelle n’a pas de sens ?
Bien sûr que non. Parce qu’une idée ne peut pas être à vous. Si vous étiez né dans une grotte d’ermite, abandonné par vos parents et élevé par des loups, et qu’il vous vienne une idée géniale, on pourrait légitimement supposer qu’elle est un peu à vous ; elle serait à 90 % aux loups, mais un peu à vous. La véritable quantité d’innovation dans une œuvre de l’esprit est toujours marginale. À preuve, si une œuvre de l’esprit est trop innovante, elle devient incompréhensible : si vous inventez la langue dans laquelle votre texte est écrit, il ne sera jamais lu.
Lorsque dans la jungle indonésienne un singe saisit un appareil photo et se prend en autoportrait, une question inédite de droit d'auteur se pose dans le monde entier...
Alors, je me pose une question : pourquoi paie-je des impôts pour aider à créer des lois couteuses (3 millions d’€ pour Hadopi) qui aident les grosses industries de divertissement à faire des procès à des gamins pirates, alors qu’un jeune chef d’entreprise va devoir s’applatir devant des marques qui lui volent sa propriété car il n’a pas les moyens de lutter ?
Je suis pas certain que le gouvernement actuel ait la réponse.
Reste à savoir quelles suites seront données à ce dossier. Une chose est sûre, Yves Favennec ne va pas en rester là. Interrogé par PC Inpact sur Twitter, le député tombe des nues. "C'est invraisemblable et c'est du foutage de gueule. Je ne peux pas croire que le ministre ait menti au parlement. C'est une honte ! Je suis scandalisé par cette annonce. Je vais demander des comptes à Mitterrand. Je suis très remonté".
L’économie de l’art doit évidemment permettre aux artistes de vivre dignement de leurs créations, mais elle ne se confond pas avec l’économie de la distraction.
En France, la création n’a pas besoin de censeurs, mais de recruteurs.
Le Conseil d'État a censuré une partie du dispositif de la rémunération pour copie privée. La juridiction administrative considère que l'absence de distinction entre les usages privés et professionnels est illicite. Le Conseil d'État précise que son arrêt n'aura pas d'effet rétroactif et que son effet surviendra dans six mois.
C'est donc dans ce contexte que François Hollande a clarifié sa position sur son blog, comme nous le fait remarquer Bronto. "Notre responsabilité en 2012 sera de mettre un terme au plus vite au conflit entre créateurs et internautes en abrogeant le dispositif Hadopi", écrit le candidat à la candidature socialiste. Il propose de remplacer la Haute Autorité par un "nouveau mécanisme qui assurera des financements pérennes au monde de la culture sans entraver le principe de liberté qui doit prévaloir en matière d’accès à la culture sur Internet".
Mais qui a dit que l'art devait coûter de l'argent ? Et surtout, qui a dit que les artistes devaient faire de l'argent ?
Le vol , comme le dit l'article L311-1 du code pénal, est "la soustraction frauduleuse de la chose d'autrui".
Je regrette Michel Rocard. C'est un gars qui a oublié d'être con. Malgré son âge avancé, il a compris beaucoup plus de choses concernant internet que la plupart de ses collègues politiques. Et pas que concernant internet.
C’est un de mes textes dont je suis le plus fier. Il ne me rapporte pas un centime et c’est pourquoi il accomplit ce pour quoi il a été écrit.
Pour que le caractère d’un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l’idée qui la dirige est d’une générosité sans exemple, s’il est absolument certain qu’elle n’a cherché de récompense nulle part et qu’au surplus elle ait laissé sur le monde des marques visibles, on est alors, sans risque d’erreurs, devant un caractère inoubliable.
On peut y voir une mise en abîme, aussi bien applicable au héros de la nouvelle, qu’à l’auteur lui-même et à son geste généreux.
Avec une certaine émotion, je vous salue, Monsieur Giono.
En période de mutation, la seule politique juste doit protéger le créateur et inciter l’intermédiaire à évoluer. Puisqu’il s’agit bien de préserver les deux seuls maillons irremplaçables de la chaîne culturelle, les créateurs et le public. Et de ne pas protéger indûment les intermédiaires, censés à chaque étape s’adapter ou périr. Les producteurs incapables de prendre en compte la radio ont ainsi disparu, comme les éditeurs de partitions incapables de tisser des alliances avec l’industrie du disque naissante.
Le principe est double, ne l’oublions pas. Le livre, comme livre, appartient à l’auteur, mais comme pensée, il appartient—le mot n’est pas trop vaste—au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l’un des deux droits, le droit de l’écrivain et le droit de l’esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l’écrivain, car l’intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous.
Et comme toujours en droit, deux torts ne s’annulent pas, ils s’additionnent.
On a préféré un mode "sustain" à un mode "disrupt". Cela ne pouvait que se casser la gueule.
Nous en avions alors déduit que les maisons de disques qu'il veut épargner payent chaque année seulement 41,6 million d'euros en droits reversés aux artistes-interprètes, alors que le chiffre d'affaires des grandes maisons de disques est supérieur à 500 millions d'euros.
rédigé avec beaucoup d'humour à froid par le rapporteur de la proposition, montre clairement que les oeuvres orphelines n'ont qu'un rapport ténu avec les problèmes invoqués et que l'objectif est surtout de se débarrasser de divers concurrents qui sont apparus avec l'économie numérique. Ce qui, toujours entre les lignes de ce rapport, ne changerait de toutes façons pas grand chose aux difficultés économiques, malheureusement très réelles, que rencontre cette profession.
Le partage de fichiers représentant des oeuvres couvertes par le droit d’auteur entre individus sans but de profit a été rendu illégal au cours des 30 dernières années dans la plupart des pays et dans la plupart des cas. Cela ne m’empêche d’affirmer haut et fort que l’acte de prendre une oeuvre numérique qu’on a acquis2 et de la copier, la rendre accessible à d’autres ou leur envoyer est non seulement légitime, mais une contribution essentielle à l’établissement d’une culture commune.
Je propose de défendre cette position en suivant les points suivants: montrer l’utilité du partage (délimité comme ci-dessus) et sa légitimité même sans autorisation des auteurs, montrer que lorsqu’on l’interdit, les pratiques culturelles appauvrissantes chassent les pratiques enrichissantes, et finalement affirmer que la prohibition du partage sera un jour vue comme un étonnant obscurantisme.