Le Groupe TF1 a toujours manifesté une position de soutien au projet de loi " Création et Internet " HADOPI pour mettre en place un système de réponse graduée contre le piratage.
TF1 est le seul groupe audiovisuel à avoir engagé des procédures contre le piratage de ses oeuvres et pour défendre la création et la production françaises ainsi que les intérêts des ayants-droits.
C'est dans ce contexte que les prises de position particulièrement radicales exprimées publiquement à plusieurs reprises, en cette qualité, par le Responsable du Pôle Innovation Web de TF1, ont conduit l'entreprise à se séparer de ce responsable pour deux raisons :
- elles sont contraires aux déclarations officielles du groupe TF1, notoirement en faveur de cette loi,
- elles sont incompatibles avec ses responsabilités au sein d'e-TF1, filiale du groupe en charge, également, de la lutte contre le piratage sur internet.
Oui, je crois fermement à l’émergence d’un modèle d’avenir pour le Web, modèle qui sera plus responsable, plus respectueux des droits patrimoniaux des artistes et de leurs vecteurs promotionnels, mais aussi plus ouvert aux messages civiques émanant de la puissance publique ou de firmes garantes de l’intérêt général, comme l’est TF1.
A l'heure où Hadopi est d'actualité, on constate à quel point le choc entre la vieille économie, celle du matériel et la nouvelle, celle des idées donne lieu à des affrontements à tous les niveaux (au niveau législatif pour Hadopi, économique pour les majors de l'industrie du divertissement de masse). On voit bien les tentatives désespérées de recréer de la rareté dans un monde où l'abondance est la règle.
Le 16 avril, Jérôme Bourreau reçoit sa lettre de « licenciement pour divergence forte avec la stratégie » de TF1. Etonnante lettre, dont Libération a eu copie : le groupe y reproche à son salarié son mail à Panafieu « par lequel [il] fais[ait] valoir, en tant que salarié du groupe, [son] hostilité au projet de loi Création et Internet ». Et TF1 l’écrit noir sur blanc : « Cette correspondance nous est parvenue via le cabinet du ministre de la Culture qui l’a adressée le jour même à la société TF1. »
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Évidemment : quand apparaissent au grand jour les liaisons dangereuses entre le ministère de la Culture de Nicolas Sarkozy et la chaîne privée détenue par son meilleur ami Martin Bouygues, ça fait désordre.
Reste à savoir si en cas de bug dans cette machine de guerre, la Hadopi leur expliquera « nous avons fait une erreur en transférant ce mail » ?
Cette histoire désolante n’est pas une simple anecdote.
Elle illustre la confusion opérée entre le pouvoir politique et le principal média français.
Elle met en cause le droit d’opinion de chaque citoyen, rendu comptable, devant son employeur, de ses prises de position politiques, exprimées à titre personnel et privé.
Elle disqualifie définitivement la ministre de la Culture, dont le rôle est de protéger les libertés. Toutes les libertés : celle des créateurs, certes, mais également la liberté d’accès aux œuvres et à l’information, mise à mal par sa loi, et la liberté d’expression.
En nous opposant à Hadopi, nous nous inscrivons dans la droite ligne de la loi votée à l'unanimité par le Parlement en 1985 qui, en s'abstenant de sanctionner les usages d'alors, avait créé une nouvelle rémunération pour la création : la redevance pour copie privée sur les CD vierges. C'est un défi identique qu'il est nécessaire de relever aujourd'hui au regard des nouvelles technologies, et nous regrettons que le projet de loi Hadopi soit une occasion manquée, et d'ores et déjà un pari perdu d'avance.
Quant à Christine Albanel, elle a répété ce qu’elle a déjà dit : l'amendement Bono ne remet « pas en cause le projet de loi Création et Internet » tout simplement parce qu’Internet n’est pas selon elle une liberté fondamentale.
==> lire tout l'article qui contient des infos intéressantes..
Pour l’UFC, pas de doute : à l’Hadopi : « La France, pour un projet de loi obsolète, liberticide et idiot a pris en otage l’ensemble des consommateurs européens, c’est très grave ! »
"C'est une nouvelle claque pour Sarkozy et le gouvernement français ! Le Parlement a dit non à Sarkozy autant sur le fond que sur la forme! Les eurodéputés ont dit non à la riposte graduée et non aux pressions inadmissibles exercée par la France sur le premier organe démocratique du continent européen !"souligne Guy Bono.
"Quand l'Europe veut, l'Europe peut", ironise en concluant Guy Bono.
Conclusion ? L’amendement Bono a été voté à 404 voix pour, et 57 contre, avec donc énormément d’abstentions !
Et maintenant ? Tout le Paquet Télécom est repoussé ! Il va donc repasser en conciliation en troisième lecture à la rentrée, avec de nouveaux échanges avec le Conseil. « On rempile pour 3 ou 6 mois de Paquet télécom » nous confie à chaud Jérémie Zimmerman, cofondateur de la Quadrature. Pour lui pas de doute, « c’est une formidable victoire, le fruit d’une mobilisation exemplaire au travers de toute l’Europe qui a montré l’importance des libertés numériques. Les débats ont permis d’affirmer que l’accès Internet est bien un droit fondamental en totale contradiction avec le projet Hadoi actuellement débattu à l’Assemblée nationale. Ce vote finit d’achever Hadopi ! »
Embêté, le rapporteur Frank Riester a reconnu que "les manquements constatés demeurent présumés", c'est-à-dire qu'il y a bien présomption de culpabilité, mais que vouloir changer les termes du texte était le signe d'une "opposition systématique", qui veut "chercher la petite bête".
Pour sa part, Christine Albanel s'est étonnée que l'on puisse vouloir contester "les actes pédagogiques qui font toute la douceur de cette loi" (sic).
"Moi je suis pour le libre accès à la connaissance et à la culture et moi je vis de ma musique, et s'il fallait que j'en vive un peu moins bien mais que cela favorise l'accès plus large à l'information et à la connaissance de ce que je produits j'en serai heureux parce qu'on ne va pas commencer à mettre des barrières entre les gens et l'art au motif que l'on voudrait refaire sa piscine", a indiqué Francis Lalanne.
"Il faut qu'on arrête de confondre dans ce pays la garantie des droits et la répression (...) je ne dis pas que l'oeuvre intellectuelle n'a pas de valeur, mais elle n'a pas forcémment la valeur que la société de consommation décide qu'elle a. Moi je suis désolé mais mon oeuvre intellectuelle me permets de vivre même si je ne vends pas de disques demain"
"Je préfère que quelqu'un 'vole' ma musique plutôt qu'il ne l'écoute pas".
Il donne, finalement, le mot de la fin : "la peur du gendarme n'est pas le commencement de la sagesse, mais le commencement de la violence".
Pour Franck Riester, rapporteur du texte, seule la suspension est dissuasive et il s’agit de sortir de la répression. Une amende trop basse instaure un droit au téléchargement, une amende trop lourde serait injuste. « La suspension n’empêche pas d’aller surfer depuis des accès, une mairie, les voisins, la famille »
Mme Albanel insistera elle aussi : « la suspension ne vient qu’en ultime recours, il faut pirater avec opiniâtré pour être suspendu ». Pour la ministre de la Culture, la suspension, « c’est pédagogique, c’est logique ! ». Et « l’amende serait extrêmement impopulaire alors que la suspension qui a lieu quand on est mauvais payeur n’est pas atroce ». « On veut sortir d’une logique de criminalisation du piratage ».
==> En veut donc entrer dans une ère de la criminalisation du comportement gouvernemental autiste et méchant...
La droite prône donc le libéralisme économique dans la distribution des oeuvres alors que la gauche prône la liberté régulée avec un mécanisme de rémunération collective, que Jack Lang avait lui-même choisi pour la radio en 1985 lorsqu'il était encore ministre de la Culture.
Comment expliquer qu'on fasse une loi inefficace ?
L'industrie du disque était acculée et elle n'a trouvé que cette réponse qui montre qu'elle ne connaît pas l'Internet. Au fond, cette loi est de mauvaise foi : beaucoup de gens dans la musique savent que la loi est inefficace, mais ils savent aussi que le modèle des maisons de disques un peu grasses employant beaucoup de monde, est un modèle qui va mourir. Mais ils préfèrent continuer de toucher leur salaire avant que le modèle ne meure complètement.
« Face à la désinformation ou la méconnaissance, je tiens à ce que les gens sachent à quoi s'attendre avec cette loi.
Les adresses IP publiques utilisées dans cet article sont fictives.
J'ai volontairement vulgarisé l'aspect technique, sans pour autant que les techniques soit fausses ! »
Si avec ça, on ne comprend pas que techniquement, HADOPI, c'est dangereux...
Toujours aussi active, la Quadrature du Net a publié une série de vidéos montrant "le pire de l'Hadopi" à l'Assemblée Nationale, pour dénoncer les mensonges et autres contre-vérités défendues par le gouvernement et la majorité.
Billard demande si la surveillance ne va pas se concentrer sur les artistes les plus porteurs et pas les petits qui pourraient profiter de cette rémunération défendue par Brard et Bloche.
Elle rajoute que si tous ne sont pas défendus également, la loi introduit une injustice.
Si seulement 4,4% des artistes sociétaires de la SACEM soutiennent l'HADOPI, qu'en pensent les autres ? Peut-être ne se sentent-ils pas concernés, car ils ont bien compris qu'Internet n'est pas la cause de tous leurs maux... Ou peut-être n'osent-ils pas, sous la très forte pression des sociétés d'auteurs, syndicats et entreprises poussant cette loi absurde, affirmer leur opposition ?