L’article “Loi Hadopi” de Wikipedia est consulté chaque jour plus de 2000 fois et a enregistré le 9 avril, lors du rejet surprise en première lecture à l’Assemblée, un pic de 17.000 visites. La tentation doit être grande, au ministère, d’y apporter quelques retouches pour mieux coller avec la ligne officielle.
C'est déjà navrant de savoir qu'un employeur peut être viré pour ce qu'il pense et exprime à titre privé (en violation directe des droits de l'homme). En plus, TF1 a commencé à se justifier sur son site (65 000 vues au moment où j'écris ce billet). Les commentaires étant ouverts et modérés a posteriori (après publication), les internautes se sont déchaîné contre la chaîne dont le métier est de "vendre du temps de cerveau humain disponible". Bien évidemment, les modérateurs suppriment un a un les commentaires polémiques. Tout au long de la journée, c'est une bataille entre modérateurs et commentateurs : les commentaires sont publiés puis retirés au bout de quelques minutes.
Nathalie Kosciusko-Morizet, la secrétaire d’Etat à l’économie numérique était l’invité ce week end de l’émission « Plein Ecran » sur LCI. Elle est revenue sur la loi Hadopi dont elle considère qu’elle ne règle pas tous les problèmes. Selon elle, il est primordial de développer l’offre légale et de trouver un nouveau modèle économique pour la rémunération des artistes.
C'est une violation claire de ses engagements, d'autant plus pernicieuse qu'avant l'affaire Bourreau-Guggenheim, TF1 n'avait jamais dit explicitement qu'elle défendait la loi Création et Internet. Elle a donc manipulé l'opinion publique dans l'espoir de protéger ses propres intérêts. Pourtant la convention du 31 mai 2008, qui définit les conditions dans lesquelles le CSA cède à TF1 l'exploitation de certaines ondes hertziennes, impose à la chaîne de "veille(r) à ce que les émissions d'information politique et générale qu'elle diffuse soient réalisées dans des conditions qui garantissent l'indépendance de l'information, notamment à l'égard des intérêts économiques de ses actionnaires".
"Dans le cadre des informations demandées par Christine Albanel relatives à l'e-mail de M. Jérôme Bourreau, il est apparu qu'une copie de ce document (...) a bien été transmise à la chaîne TF1 à la fin du mois de février par l'un de ses collaborateurs", a-t-on indiqué au ministère. "Christine Albanel a déploré cet envoi, qu'elle considère comme une erreur regrettable. Elle a refusé la démission que lui a remise ce collaborateur et a décidé de le suspendre de ses fonctions présentes pendant une durée d'un mois."
Lors de la révélation de cette affaire par le journal Libération, jeudi, Mme Albanel avait affirmé "n'avoir jamais contacté la direction de TF1 pour s'immiscer dans la politique de gestion du personnel de la chaîne". "A ma connaissance, rien n'a été transmis" à la direction de TF1, avait-elle ajouté.
D'après Torregano, le départ de Christophe Tardieu - imminent - devrait être un peu "habillé" pour ne pas éveiller l'attention.
À suivre...
A quelques jours du vote d’Hadopi, les opposants au projet de loi se propagent sur le Web. Au micro de Le Post.fr, François Bayrou indique qu’il ne votera pas la loi Hadopi. Il votera contre pour trois raisons.
Premièrement, le président du MoDem ne voit pas comment on peut identifier un utilisateur à partir d’une simple adresse IP. Deuxièmement, il reproche à la loi Hadopi de sanctionner les internautes sans décision préalable de justice (rejoignant ainsi la position de la majorité des députés européens). Enfin, il craint que les réseaux peer to peer cryptés (Il semble connaitre la définition ndlr) se multiplient et propagent des fichiers hautement plus dérangeants que des oeuvres musicales ou cinématographiques.
Et j’ai rêvé que Nonce Paolini en parlait le lendemain à Christine Albanel et Françoise de Panafieu ; que du coup le texte Hadopi était retiré au profit d’un texte au titre bien plus réjouissant “Création culturelle : faciliter l’accès à la culture sur internet, dans la rue, dans les salles de concert, dans les bars, …”
Pour ceux qui veulent un florilège de ces commentaires, certains ont été reproduits sur cette page (un gus dans son garage qui à l'aide d'un script récupère tous les posts avant le couik)
Car la polémique autour de cette affaire de "relations incestueuses entre le pouvoir et la chaîne de Bouygues", comme le déclare le syndicat SNJ-CGT de TF1, embarrasse et agace.
Toute ressemblance entre ce dessin et un bon gros scandale médiatique ne serait bien entendu que fortuit.
La vidéo dure 15 minutes mais elle est édifiante. Le député Bloche commence par un rappel des faits. Un cadre de TF1 aurait été licencié parce qu'il avait exprimé « une opinion dans une correspondance privée et que jusqu'à présent, il n'existe pas de délit pour l'expression d'une opinion dans un cadre privé (...). » Il aurait adressé à la députée UMP Françoise de Panafieu un mail critique sur la loi Hadopi. Panafieu l'aurait transféré au Ministère de la Culture. Lequel aurait dénoncé ledit cadre à la direction juridique de TF1.
L'UPFI et la Sacem finissent par se ranger publiquement à l'idée d'abroger la loi Création et Internet et de soumettre les FAI au paiement d'une redevance pour copie privée. Un telle mesure pourrait rapporter près d'un milliard d'euros par an aux filières de la création. Nicolas Sarkozy charge Jack Lang d'une mission de concertation entre tous les acteurs concernés.
Dans un univers numérique marqué par l’immédiateté, l’abolition des distances et le mythe de la gratuité, l’entêtement de certains à vouloir prolonger à l’excès la durée du droit des interprètes et à céder aux sirènes d’une économie de rente n’est pas de nature à servir la cause qu’ils sont censés porter, celle des artistes et des créateurs.
À moins de miracle, le gouvernement va continuer dans son entêtement autistique jusqu'à l'adoption de la loi dite HADOPI instaurant une surveillance généralisée des échanges de fichiers sur Internet en France.
Que va-t'il se passer ?
Tous seront suspectés, climat psychologique d'insécurité provoqué par l'État, en contradiction avec son rôle.
Mardi 12 mai, il y aura le vote solennel au sein de l’Assemblée nationale. Cette procédure, particulière, permettra à chaque citoyen de voir la position prise par « son » député sur ce texte. En effet, tous les noms apparaîtront une heure après le scrutin, dans la catégorie Scrutin public du site de l’AN. De par cette publicité, il y a un risque qu’un certain nombre de députés oublient d’être là.
Ensuite ? Si le vote est négatif, le projet de loi est mort. Si le vote est positif, il partira illico au Sénat, le jour même.
Et dans l’histoire, les coûts sont moindres et il n’y a pas répartition de ces bénéfices supplémentaires entre les auteurs et les majors. C’est les majors qui se mettent tout dans la poche donc c’est pour cela qu’ils se battent autant pour que rien ne bouge et surtout que les auteurs ne comprennent pas comment ils se font avoir.
près l'épisode de la semaine passée qui voyait les députés UMP, ceux qui sont contre la loi HADOPI, privés de temps de parole, voici que l'on apprend donc que le groupe UMP fait pression sur les députés plus hésitants, convoqués et sommés de voter une loi dont qu'ils savent mauvaise et difficilement applicable. Des députés qui ont aussi été menacés par Jean-François Copé et Roger Karoutchi de sanctions financières en cas de désobeissance et de vote contre la loi HADOPI !
L'essentiel des débats, initiatives, réactions et autres prises de position concernant la loi "Création et Internet" (Hadopi)
Mais elle est aussi juridiquement aberrante, ce qui caractérise le prix Busiris, qui récompense l'invocation à tort et à travers du droit pour justifier une position purement politique.