Le moment est venu de la bataille entre grands fauves qui vont essayer de se bouffer entre eux. Pendant ce temps, on continuera à télécharger en toute tranquillité.
Car HADOPI a un objectif d’exclure 1000 personnes par jour du réseau, et donc ce sont environ 260 000 de consommateurs par an en moins. Les ventes de CD ont baissé de 21% l’an dernier et pendant ce temps les ventes de musiques numériques ont augmenté de 3%, et donc voué à aucun avenir, s’il y a des consommateurs en moins tout les ans ....
« Ce brevet permettra au moins à l'industrie musicale de comprendre l'utilité des systèmes de téléchargements décentralisés jusqu'à présent considérés comme de simples outils de piratage. »
Mais pourquoi vouloir mettre des DRM ?
Victor Hugo l'avait très bien dit il y a plus d'un siècle lors de son discours d'ouverture du Congrère littéraire international, en 1878 : « Le livre, comme livre, appartient à l’auteur, mais comme pensée, il appartient — le mot n’est pas trop vaste — au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l’un des deux droits, le droit de l’écrivain et le droit de l’esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l’écrivain, car l’intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous. »
En tout état de cause, son fonctionnement sera extrêmement coûteux, pour une efficacité des plus douteuses. Les internautes s'apercevront rapidement que l'Hadopi sera dans l'incapacité totale d'envoyer des dossiers sérieux et incontestables aux tribunaux, ou seront rapidement au courant des premières relaxes qui tomberont irrémédiablement dès que la question de la fiabilité des preuves et des infractions présumées sera posée aux juges.
Il fallait y penser, et le faire. ®om l'a fait avec un immense talent. Il nous propose sur son blog sous licence Creative Commons by-sa ce processus d'installation de l'Hadopi, pour les geeks. Tout simplement hilarant !
Effectivement, l'abonné suspendu ne pourra pas changer de fournisseur de téléphonie et de télévision numérique sans risquer une amende de 3750 euros. "Le fait pour la personne condamnée à (une suspension de connexion à Internet) de ne pas respecter l’interdiction de souscrire un autre contrat d’abonnement à un service de communication au public en ligne pendant la durée de la suspension est puni d’une amende d’un montant maximal de 3 750 €", dispose ainsi l'article 8 du projet de loi Hadopi 2.
Combien coûtera le plan anti-piratage envisagé par le gouvernement britannique ? Selon un fournisseur d'accès britannique, British Telecom, les mesures préconisées pour faire cesser le piratage risquent de s'élever à plusieurs millions d'euros... au point de dépasser les pertes supposées des majors elles-mêmes !
Franck Riester (15h45) n'a pas dit grand chose de nouveau et d'intéressant. Un discours classique pour Riester.
En attendant, si vous voulez en savoir plus, je vous recommande d’aller lire les explications de M1ck3y (encore bravo à lui, du très bon boulot) et de télécharger Bbkeys (pour linux) ou Bbkeyswin (pour Windows) afin de faire quelques tests chez vous (sur votre propre Bbox bien sûr, sinon, on va encore vous accuser de prouver que la loi hadopi est complétement faillible… Arf !)
Plutôt que punir le geste de partager des informations, il aurait pu encourager le partager de la richesse. S’il ne l’a pas fait, c’est parce qu’il ne veut pas d’un monde de partage mais d’un monde de la rareté, où certains accaparent les richesses.
Il ne s’agit pas de protéger les auteurs, mais de lutter contre le partage, qui lui-même implique une économie du don, économie concurrente de l’économie de la rareté propre au capitalisme.
L'économiste plaide donc pour une forme de licence globale ou de contribution créative. "Le principe d’une contribution raisonnable par utilisateur, à laquelle s’ajouterait une aide du gouvernement au titre de la recherche, est un bon système", écrit ainsi Stiglitz. "Imaginons que chaque possesseur d’ordinateur verse annuellement une contribution à la hauteur de ce qu’il télécharge ou de ce qu’il regarde et écoute par le biais de cet ordinateur. Il garderait une trace de sa consommation, et des organismes spécialisés reverseraient aux artistes le fruit de cette consommation".
Intransigeant, singeant le discours de dangereux utopistes libertariens, il affirme que "les producteurs dont le métier consistait à apporter la musique des artistes aux consommateurs n’ont plus leur raison d’être aujourd’hui". C'est Patrick Zelnick, producteur chargé de dessiner l'avenir de l'offre légale sur Internet en France, qui va être content.
Le député se dit surpris, par ailleurs, que deux rapports - "dont au moins l'un des deux est faux" - aient pu être publiés.
Ça s'appelle de la réécriture de l'histoire, non ?
En somme, entre l'impossibilité de désunir le Net des autres services pour les abonnés non dégroupés, et le fait que de nombreux abonnés disposent uniquement d'une ligne téléphonique en VoIP, voilà un énième problème épineux à résoudre pour la justice.
Le juge devra en effet pour plusieurs millions d'internautes dans le cas présent (non dégroupés et dépendants de la téléphonie VoIP) trancher entre couper l'intégralité des services, ou aucun. Or le juge semble devoir appliquer une sentence minimum d'un mois.
Déjà des problèmes de mémoire à son âge, c'est embêtant. Heureusement que les internautes sont là pour l'aider à la rafraîchir.
On entretient la peur à tout prix, toutes les peurs, celles de la grippe, des terroristes, du réchauffement climatique, du piratage… Tous les moyens sont bons pour policer la société et pour réduire les libertés. Car c’est l’objectif, non pas celui de régler les problèmes sous-tendant la peur.
Comme il est écrit dans L'Ecclésiaste « Le riche commet une injustice, et il frémit d'indignation ; le pauvre est maltraité, et il demande pardon. »
Et oui, même la Bible est citée à l'Assemblée Nationale !
C’est un secret de polichinelle, la question de la taxation des fournisseurs d’accès et des moteurs de recherche sera bien au cœur des travaux de cette mission chargée de donner une autre image des industries culturelles auprès des internautes.
Dans un article publié ce jour, Libération confirme ce que nous indiquions sur les conclusions déjà toutes trouvées de la mission Zelnick. "C’est un secret de polichinelle", écrit notre confrère qui a interrogé le producteur, "la question de la taxation des fournisseurs d’accès et des moteurs de recherche sera bien au cœur des travaux de cette mission chargée de donner une autre image des industries culturelles auprès des internautes". La licence musique proposée par Laurent Petitgirard devrait trouver un écho favorable entre gens consentants.
Ce que nous, nous ne comprenons toujours pas, c'est ce que fait Martine Aubry. Pour retrouver sa crédibilité, le Parti Socialiste doit-il garder parmi ses rangs un député qui ne fait absolument pas son travail, et use de sa médiatisation et d'une popularité usurpée pour tirer dans les pattes de ses camarades ?