Avant chaque discussion, chaque débat, vous devriez demander aux participants de répondre sincèrement à la question suivante : « Que se passerait-il si j’étais convaincu par la partie adverse ? Que ferais-je ? Quelle serait l’influence de ce changement sur ma vie ? ».
Dans une grande majorité des cas, vous découvririez que changer d’opinion n’est pas une option. Ce qui clôt le débat avant même qu’il ait commencé.
Mais la légitime défense n’existe pas en matière de liberté d’expression, faire taire l’autre avant qu’il parle relève d’une attitude que je ne nommerai pas parce que j’évite de franchir le point Godwin avant 7 heures du matin. Lorsque l’on y songe, il faut être bien peu sûr de ses arguments pour penser que la seule manière d’avoir le dessus sur une opinion contraire, c’est de la faire taire : le censeur est toujours quelqu’un qui a peur.
A l’automne dernier, l’Université de Liège me proposait d’expliquer comment un documentaire peut fabriquer de l’ignorance alors même qu'il ne convoie aucune fausse information. L’interview est accessible ici : https://tinyurl.com/4htu9w5k Le documentaire « Nucléaire : une solution pour la planète ? » (https://tinyurl.com/3w23m9sd) actuellement diffusé m'offre un support inespéré de démonstration de la puissance d'un des vecteurs de l'ignorance : l'élision. Ou comment l’omission d’informations-clef, sans recourir à aucune infox, crée la plus efficace des désinformations.
Par conséquent, qu’est-ce qui explique le changement d’attitude des Français ? La mutation de la mentalité en matière de famille ? Le progrès de la tolérance ? De l’individualisme ? Non. Le progrès de l’habileté des sondeurs et des lobbies qui deviennent tellement rusés qu’ils sont capables de fabriquer avec maestria un renversement spectaculaire de l’opinion.
Quand changer de point de vu change le sens de ce qu'on voit. La même scène selon 3 points de vues
Une étude montre qu'une idée n'a besoin que d'un noyau de 10% de gens pour qu'elle devienne rapidement majoritaire.