Après avoir analysé en profondeur les enjeux et éventuels effets juridiques de l’accès des couples de même sexe au mariage et à l’adoption, le conseil d’administration de l’UNAF a pris position sur les différents scénarii possibles.
Remarquant qu’il est prévu de « supprimer systématiquement tous les termes pères et mères, en modifiant l’ensemble des textes dans lesquels ils figurent (mariage, filiation, prestations sociales, entre autres) », l’Unaf souligne que « les 14 millions de pères et de mères se verraient ainsi dépossédés du droit d’être reconnus comme tels par la loi ».
Une famille ce n’est pas simplement deux individus qui contractent pour organiser leur vie commune. C’est l’articulation et l’institutionnalisation de la différence des sexes. C’est la construction des rapports entre les générations qui nous précèdent et celles qui vont nous suivre. C’est aussi la promesse et la venue de l’enfant, lequel nous inscrit dans une histoire qui n’a pas commencé avec nous et ne se terminera pas avec nous.
Il y aurait lieu avant de légiférer à la hache de signifier clairement que « l’humanité est sexuée et que c’est ainsi qu’elle se reproduit », comme le disait la sociologue Irène Théry en 1998, se demandant pourquoi nous en venions à nier ce fait.
Ce faisant, vous vous placez du point de vue de la satisfaction de deux adultes, par ailleurs respectables. Pas du point de vue de l'enfant. Et l'enfant, Monsieur le député, devrait être votre préoccupation première. D'abord parce vous êtes un élu de la République, cette même République qui veut l'égalité de ses citoyens mais s'apprête à bafouer l'égalité des enfants à travers cette loi absurde. Ensuite parce que vous êtes un élu de gauche, et que vous avez le devoir, en tant que porteur d'une certaine idée de la défense du plus faible, de ne pas céder à la pression du plus fort.
Depuis plusieurs semaines, l'Eglise catholique ne se contente pas de déplorer l'absence d'un débat véritable sur les réformes sociétales. Elle y apporte toute sa contribution, son énergie et son cœur. On trouvera ci-après une note de travail rédigée par le Conseil « Famille et Société » de la Conférence des évêques de France.
Pour un grand débat démocratique sur le mariage homosexuel et l'homoparentalité.
Un « avant-projet de loi » gouvernemental instaurant le mariage entre deux personnes de même sexe avec droit d’adopter a été divulgué par la presse. Aussitôt les représentants du lobby homosexuel se sont dit « déçus », réclamant le droit à la procréation artificielle. Face à ces groupuscules, minoritaires parmi les personnes homosexuelles, la résistance pourrait se développer sur 12 fronts.
Aucune indication, en revanche, sur la refonte inévitable des livrets de famille, dans lesquels le générique de "parents" ne pourra exister: il faudra nécessairement indiquer "parent 1" et "parent 2". Ce qui ouvre là encore une foule de questions symboliques et juridiques: qui décidera comment les numéros seront attribués?
Il y a encore des gens qui croient au mariage…
Dans tous les cas de figure, c’est de l’enfant dont il faut partir. Le modernisme ne consiste pas à épouser l’égoïsme du présent, mais à se préoccuper des intérêts de notre descendance.
L'Eglise française réfléchit actuellement à une autre opération spectaculaire : célébrer les mariages religieux avant les mariages civils, ce qui est contraire au droit français. La loi oblige les futurs mariés à passer à la mairie avant d'aller à l'église.
Le raisonnement est le suivant : si le mariage civil s'ouvrait aux couples homosexuels, il n'aurait plus de sens. Donc l'église s'en affranchirait.
Si les enfants adoptés parviennent pour la plupart à admettre que leurs parents adoptifs n'en sont pas moins leurs parents, c'est toujours au prix d'un long questionnement, et parce qu'ils ont intégré qu'un accident de la vie s'est interposé entre leur désir d'être les enfants en tout point, y compris biologique, de leurs parents, et le Réel. Expliquer à un enfant que volontairement, parce qu'on l'aimait très fort, on lui a bricolé une filiation d'emprunt, ça promet des repas de famille tout à fait enchanteurs.
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Mais je prétends qu'une société qui veut faire passer la volonté de s'illusionner des adultes avant, non pas le bien-être, mais le meilleur-être des enfants, en faisant passer des lois qui réécrivent l'histoire personnelle de ces enfants, est une société qui génère une violence institutionnelle qu'il ne faudra pas s'étonner de voir exploser un jour ou l'autre.
La question, pour moi ne se pose pas en ces termes. Il ne s’agit pas d’être pour ou contre, moderne ou ancien, libéral ou réactionnaire, mais de répondre aux aspirations des couples homosexuels en ne leur vendant pas du vent, en refusant l’hypocrisie, et en rejetant fermement qu’on en fasse de la chair à canon politique et idéologique. Ici, on parle des personnes et cela mérite un peu plus de discernement et d’humanisme que j’en vois en général dans les débats publics, droite, gauche, et brèves de comptoir comprises.
Ces textes fondateurs sont riches d’enseignement, au moins sur deux points concernant ce que nous appelons le mariage : celui-ci concerne l’union d’un homme et d’une femme et il est ouvert à la naissance de nouveaux êtres. Employer le même mot « mariage » pour désigner deux réalités foncièrement différentes me paraît ne pas respecter ces réalités et introduire, de surcroît, la confusion. Le Canada préfère parler « d’Union civile de personnes de même sexe ».
Mark Regnerus met prudemment en garde contre l’utilisation d’une telle étude à des fins politiques : ses seules applications solides et concrètes seraient de défaire l’utilisation politique et idéologique des études précédentes participant du paradigme de l’absence de différences, et d’indiquer la rareté d’une telle configuration familiale pour les générations dont les enfants sont devenus adultes. La sociologie nous ordonne ici à grands frais de nous méfier d’elle, offrant une remise à plat du bruit médiatique autour de l’apport de la « Science » au débat sur la légitimité de l’homoparentalité.
C'est parce qu'elle n'est pas ma fille que ce que j'aurai à lui apporter tout au long de sa vie est unique. Le réel ne s'écrit pas avec un mensonge, fût-il bien plus beau que la vérité. Sinon, il vous rattrape et vous éclate à la figure.
En tout cas, je sais ce qu'il faut faire, le jour où le monde s'écroulera. Je l'ai déjà vécu. Je prendrai un papier sur lequel je griffonnerai mon numéro de téléphone, et je le donnerai à une petite fille pâle et muette, je me trouverai impuissante et dérisoire – et je prierai fort.
C’est un fait. Mais il ne faut pas être discriminatoire : il existe aussi des couples homosexuels violents, ou alcooliques.
L'adoption, au fond, qu'est-ce que c'est aujourd'hui ? C'est un enfant, né par nature d'un homme et d'une femme, qui se trouve par accident privé d'un père et d'une mère. Et qui rencontre un homme et une femme, par nature fertiles mais stériles par accident. Les uns et les autres trouvent dans l'adoption le moyen de réparer ce qui, dans leurs parcours de vie respectifs, constitue une blessure.
L'adoption, que sera-ce demain ? Ce sera un enfant, né par nature d'un homme et d'une femme, que l'on prive volontairement de son père et de sa mère. Et qui rencontrera deux hommes ou deux femmes, par nature infertiles, qui, refusant cette infertilité ontologique, feront comme si l'enfant avait pu naître d'eux.
Parce que dire qu'on peut être issu de deux hommes ou de deux femmes, c'est un mensonge.
On peut vivre dans le mensonge. On enrichit quelques psys au passage, on en bave, on est mal, mais on peut.
Mais ça reste un mensonge.
Le nouveau président de la République, François Hollande, a inscrit dans son programme (mesure 31) l’instauration d’un « mariage » entre deux personnes de même sexe, assorti d’un droit d’adopter des enfants. Il entend également permettre à deux femmes d’avoir recours à l’insémination artificielle avec donneur anonyme de sperme (interview au magazine Tétu, avril 2012).