En ce qui concerne le mot ‘mariage’, si l’on institue qu’il veut désormais dire à la fois, ‘union de personnes de sexe différent’ et ‘union de personnes de même sexe’, comment nos esprits vont-ils se débrouiller dans cette confusion ? Comment expliquerons-nous aux enfants que ‘semblable » et ‘différent’, une chose et son contraire, c’est la même chose, sans provoquer les mille questions et remarques, éclats de rire peut-être, dont sont capables des intelligences comme Freud les aimait, non encore intimidées par une éducation qui les empêche de réfléchir ?
Mettez la pression sur votre député en suivant ses votes sur le projet de loi
L'Assistance médicale à la procréation (AMP) a légalement pour objet de remédier à l'infertilité pathologique d'un couple*. Elle est ouverte aux couples hétérosexuels si et seulement si l'homme et la femme formant le couple sont en âge de procréer (article L2141-2 du Code de la santé publique).
L'AMP ne pourra donc jamais concerner un couple homosexuel, même au nom de l'"égalité des droits", puisque l'incapacité d'avoir des enfants d'un couple homosexuel n'est pas pathologique mais liée à la biologie, à la nature sexuée de la reproduction humaine.
La Procréation médicalement assistée (PMA) aurait pour objet de créer un nouveau mode de reproduction afin de dépasser la biologie humaine. La PMA pourrait aussi bien concerner les couples hétérosexuels qui ne sont plus en âge de procréer que les couples homosexuels. C'est un vrai sujet de bioéthique qui mérite une réflexion approfondie et éclairée, mais qui n'a en toute hypothèse rien à voir avec l'actuelle AMP.
L'homosexualité est une pratique qui relève de la sphère privée.
Monsieur le Président normal, serez-vous, dans le respect de la Constitution, à l’écoute des aspirations du peuple qui vous a élu, pour un sujet aussi central qu’est le mariage ?
Avez-vous la sensation que cette loi est votée d’avance ?
Oui, et il en est ainsi pour quasiment tous les projets de loi. Les débats peuvent bien entendu évoluer, mais de nouveaux députés ne vont pas faire leur apparition pour changer la donne. Je n’ai aucun doute sur le fait que cette loi sera votée et sortira exactement telle qu’elle est entrée à l’Assemblée. Et je m’apprête donc à voter contre le texte final car que je sais que d’ici là, il n’aura pas évolué.
En outre, le droit français ne peut pas connaître simultanément deux définitions de la notion de parent sans tomber un jour dans l'incohérence. Sauf à créer une situation ubuesque que le goût pour l'égalité des pro-projet réprouvera, il ne sera pas possible de considérer qu'il existe une définition du parent pour les homosexuels et une définition différente pour les autres. Ceci laisse ouverte la possibilité à l'avenir pour tout père biologique de contester sa paternité en déniant son intention parentale, ou sa participation au projet. C'est là aussi, et pour tous les couples, tous les enfants, la remise en question de la présomption de paternité et de la stabilité à laquelle elle est censée contribuer.
En ce sens là, l’expression « mariage pour tous » est erronée : le mariage n’est pas ouvert à toutes les situations affectives. L’égalité ne gomme pas les différences et ce sont justement ces différences qui appellent des traitements différents. Certes, on peut entendre ce désir de beaucoup de personnes homosexuelles d’échapper à des formes de réprobation de leur état encore présentes dans notre société. Il y a encore bien à faire pour qu’elles se sentent accueillies et respectées. Mais, en demandant l’accès au mariage, je pense qu’elles se sont trompées de lieu du combat.
Blog d'information sur le projet de mariage pour tous et les risques qu'il représente pour la stabilité de notre société
Que l'on débatte des "droits de l'enfant" et que l'on veuille en faire le coeur de l'argumentation est parfaitement légitime. Une fois cette notion replacée là où elle doit l'être, c'est à dire en tête des préoccupations, chacun en tirera les conclusions qui lui sembleront les plus justes A condition d'aboutir à des "droits de l'enfant" cohérents, généraux, et permanents.
En attendant, comme le montrent les discussions à l'occasion du projet de mariage pour tous, le débat opportuniste sur les "droits de l'enfant" continuera à être ce qu'il est depuis la nuit des temps : une gigantesque hypocrisie.
Je le savais : c'est la même logique qu'il y a entre #hadopi et le #mariagepourtous ! La preuve ? Franck Riester va voter pour #grossous
Donc point fondamental à retenir dans le cadre du débat sur cette loi : les homosexuels ont d’ores et déjà le droit d’adopter, le seul effet de la loi sera de leur ouvrir la possibilité d’adopter en couple, ou d’adopter l’enfant du conjoint (hypothèse assez rare, vous devinerez pourquoi), possibilités qui sont réservés aux couples mariés. Que cela puisse contrarier des personnalités, non pas homophobes, bien sûr mais disons rétives aux contextes d’accueil, je le comprends. Mais présenter cela comme un changement civilisationnel me parait un poil excessif, et Dieu sait que dans ce débat, tout le monde déteste les arguments excessifs.
En définitive, le projet de loi procède à un bouleversement du droit qui ne touche pas seulement les couples homosexuels. Aux pères et mères de l'enfant, il tend à substituer les parents. La parentalité prend ainsi la place de la paternité et de la maternité. Il tend à promouvoir un droit à l'enfant qui fait passer celui-ci de sujet à objet de droit. Il conduit à nier la différence biologique entre les sexes pour lui substituer un droit à l'orientation sexuelle de chacun. On comprend qu'il ait pu de ce fait susciter des soutiens enthousiastes et des oppositions affirmées, auxquelles il est temps encore de substituer un débat serein et approfondi.
Le recours au référendum ne semble pas le meilleur moyen d’obtenir le débat rationnel et raisonnable que l’on espère sur un tel sujet.
Depuis de longs mois, nous avons alerté le gouvernement et l'opinion publique sur le risque de clivage profond que représentait, au sein de la société française, le projet de loi permettant le mariage et l'adoption pour les personnes de même sexe. Ce clivage est d'autant plus malvenu que notre pays connaît une période de fortes difficultés économiques et sociales qui devrait, au contraire, amener les responsables politiques à rassembler le pays.
Il s’agit de comprendre qu’à l’inverse des autres minorités, les homosexuels doivent apprendre à faire face à la discrimination seuls. Tous les noirs naissent de parents noirs, les arabes de parents arabes, les juifs de parents juifs. Face à un monde extérieur hostile, ils grandissent avec la certitude réconfortante de se savoir entourés par leurs semblables, leurs familles, leurs communautés, au sein desquelles ils se sentent protégés de l’intolérance des masses. Aucun homosexuel ne naît de parents homosexuels. Chacun d’entre nous doit faire face seul au sentiment d’être un étranger dans sa propre famille, à la négation de l’éventualité de notre différence, au potentiel rejet de ceux qui nous sont les plus chers. Au mépris, au dégoût, à l’horreur dans le regard de nos parents, nos frères, nos sœurs.
Nous pouvons sortir par le haut de l’impasse dans laquelle les radicalités des deux côtés nous mène, en réorientant le débat sur une alliance civile qui prend
à la fois en compte les aspirations des couples homosexuels, sans bousculer la filiation, et en respectant l’attachement des Français à l’institution du
mariage.
Qd bien même la majorité des manifestants serait constituée de croyants, n'y aurait-il pas une faute intellectuelle, et peut-être politique, à réduire leur discours à une conviction religieuse pour mieux le neutraliser? A cette approche étriquée de la laïcité, Habermas oppose que l’État libéral a au contraire "intérêt à donner libre cours aux voix religieuses dans la sphère publique politique" et qu'il "ne peut pas décourager les croyants et les communautés religieuses de s'exprimer aussi politiquement en tant que tels, parce qu'il ne peut pas savoir si en procédant de la sorte, il ne coupe pas la société séculière de ressources importantes pour la fondation du sens". Certes, la condition d'une telle prise en compte est que les croyants jouent le jeu de la raison publique séculière et fassent l'effort de "traduire" leur position en des raisons susceptibles d'être entendues par tous leurs concitoyens ; ce à quoi les opposants au projet loi se sont largement astreints ces derniers mois.
Il faut se méfier de la France bien élevée et de son côté « diesel » : un peu longue à chauffer, mais lorsqu’elle est lancée, son moteur est increvable.
Et là, c’est le gouvernement qui risque bien d’en baver un peu.
Ainsi l'ex-communiste Patrice Carvalho, membre du Front de gauche et député de l'Oise, qui déclare: « Je voterai contre. Le mariage, c’est un homme et une femme qui peuvent concevoir un enfant. La nature n’est pas faite autrement. Ce dossier, ce n’est pas la priorité des Français en ce moment, c’est de l’enfumage! ».