Pas besoin d’être grand psychologue pour comprendre que la fierté ultra-affichée des militants gay, et leur extrême susceptibilité, cachent une blessure intérieure. Une blessure que je connais bien, monsieur le président, pour en souffrir moi-même. Je me rends compte qu’il y a en moi quelque chose d’anormal. Et je comprends très bien qu’on puisse, par fierté, se raidir contre ce constat. Surtout si d’autres personnes sont venues – consciemment ou inconsciemment, par maladresse ou par cruauté – appuyer là où ça fait mal. Réaction de fierté : Même pas mal !
En conclusion, on peut dire que la portée de l’ordonnance rendue par le juge des référés est considérable :
- elle rappelle que le droit au respect de sa vie protégé par la Convention européenne des droits de l’homme est une liberté fondamentale que ne saurait enfreindre un établissement hospitalier ;
- que la privation d’aliments par suspension de la nutrition assistée porte atteinte au respect de la vie, et donc à une liberté fondamentale ;
- elle reconnaît donc implicitement que le retrait de l’alimentation artificielle chez Vincent Lambert relève de l’euthanasie (puisqu’elle porte atteinte au respect de la vie) ;
- elle affirme enfin que la procédure collégiale engagée par une équipe médicale ne saurait passer outre l’avis de la famille, laquelle doit obligatoirement être informée et consultée.
« Nous constatons que l’interdit de tuer, fondateur de la confiance entre soignants et soignés, a subi une grave érosion chez les praticiens. Plutôt que d’en tirer la conclusion de légaliser l’euthanasie, nous plaidons pour une formation des médecins à l’accompagnement de fin de vie qui évite à la fois l’acharnement thérapeutique (soins inutiles ou disproportionnés) et l’euthanasie (action de donner intentionnellement la mort).
Je tiens à préciser ces définitions, car c’est toujours au travers d’exception ou d’un changement de vocabulaire que l’on rentre dans les plus graves transgressions à l’éthique médicale, avec le risque de ne plus pouvoir s’arrêter. »
« Face à la mort redoutée, il y a la vie espérée. Ce souffle, vous me l'avez tous donné. Jamais je ne l'oublierai...ce souffle, il faut aussi le donner aux millions de victimes qui, comme moi, luttent pour la vie. La vie est tellement belle. Ces victimes, aimons-les, entourons-les. Le cœur accomplit des miracles»,
Alors décider de la vie d’un autre au nom de l’euthanasie. Qui en est digne ?
Ce que nous voulons, ce que nous demandons au nouveau Président de notre chère République, c’est de continuer à développer les soins palliatifs, contre tout acharnement thérapeutique, et c’est aussi laisser le choix à Papi et à Mamie de vivre tranquillement leurs derniers instants, sans la crainte d’une dose de morphine injectée un peu trop imprudemment, sans le risque qu’on hâte leur départ pour récupérer plus rapidement l’héritage avec la bénédiction du médecin, sans cette épée de Damoclès suspendue au dessus de leur lit d’hôpital ne leur donnant envie de ne pas y mettre les pieds et de plutôt mourir chez soi que de s’y faire soigner au risque de sortir trop vite les deux pieds devant… Vous comprenez ?
La majorité des arguments avancés repose sur une certaine conception de la liberté de l’homme, ou plutôt de la liberté des adultes au détriment de celle des plus jeunes et des plus âgés.
« C’est un peu une thérapie… Mais c’est surtout un cri du cœur : tant qu’on n’est pas mort, on est vivant! »
Un patient doit pouvoir exprimer librement un désir de mourir. Les soignants et accompagnants le savent. C’est un appel à entendre, qui permet de mieux accompagner. C’est à partir du moment où il risque d’être pris au mot qu’un patient tend à s’interdire ce type de plainte.
Or, voilà que la veille de cette annonce, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, qui regroupe 47 États, vote une résolution historique qui contient une disposition rejetant fermement l’euthanasie : « L’euthanasie, dans le sens de l’usage de procédés par action ou par omission permettant de provoquer intentionnellement la mort d’une personne dépendante dans l’intérêt allégué de celle-ci, doit toujours être interdite. » Cette formulation rend particulièrement régressives la promesse socialiste et les rares législations qui ont instauré l’euthanasie. Car, en Europe, le vent semble avoir bel et bien tourné dans le sens de la véritable solidarité vis-à-vis des personnes malades ou en fin de vie.
L'ADV (Alliance pour les Droits de la Vie) devient Alliance Vita !
Retenez bien cette phrase car si, hier, c’est la dignité du malade en fin de vie que l’on mettait en doute, aujourd’hui, c’est son humanité que l’on nie.
Cette semaine, Marianne laisse carte blanche à différents auteurs* sur la question de l'euthanasie. Pour ces personnalités proches du milieu hospitalier, promouvoir un droit à la mort provoquée, c’est accroître l’inégalité entre forts et faibles et s’engager dans une impasse dont il faut craindre les dérives. Une telle démarche leur paraît incompatible avec les valeurs traditionnelles de la gauche.
700 gisants symbolisent la protestation contre l'euthanasie : immobiles, étendus sur le dos, yeux ouverts, regards vides. L'euthanasie leur a volé leurs derniers jours. Ces jours-là, personne n'en saura jamais le prix. Figurée par la faucheuse, la mort encagoulée, vêtue de noir, peut longuement triompher. Danse macabre au dessus des corps, sur des musiques d'outre-tombe.
Nous sommes des citoyens attachés à la dignité de l’être humain telle qu’elle est affirmée dans l'article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »
Nos convictions politiques, philosophiques ou religieuses sont aussi variées que représentatives de la diversité d’opinion de notre société. Mais nous sommes convaincus que tout dispositif législatif visant à reconnaître un droit à une injection létale et/ou à un suicide assisté constituerait un contresens grave faisant courir des risques aux plus vulnérables et aux plus démunis d’entre nous. À ce moment ultime de la fin de vie, ce droit présenté comme une liberté ignore que l'approche de la mort bouleverse souvent les anticipations les plus radicales.
Nous pensons que l'ouverture d'un droit à la mort n'est pas de nature à répondre à la complexité des situations de fin de vie et renforce un climat d'exclusion dans lequel notre société confine les grands malades.
On ne peut jamais réparer une mort. Une mort donnée par erreur est définitive et ne peut être corrigée.
Car il n’y a pas de demande de mort sans désespoir.
Et ce désespoir a des raisons auxquelles il s’agit de porter remède.
Si la demande de mort est motivée par la souffrance, il faut la soulager, si elle est déterminée par la solitude, il faut être présents, si elle semble justifiée par la souffrance induite par la dépendance, il faut rendre cette dépendance moins pesante, par l’attention, la délicatesse, la discrétion, etc ….
« La solution la moins chère pour les vieux, les souffrants, les grabataires et toutes espèces de "peines à jouir" étant évidemment le cercueil... »
L’euthanasie est déguisée en « aide active à mourir ».
Ainsi, les Français, non informés voire désinformés, ignorent ce qui figure dans la loi et appellent de leurs vœux ce qui existe déjà.
Loin d’être le théâtre d’un tourisme de la mort, la dépénalisation de l’euthanasie conduit bien au contraire à un exil des personnes les plus fragiles. Faudra-t-il que les Nations-unies fassent rentrer dans la catégorie des réfugiés les personnes malades, handicapées ou âgées qui émigrent par crainte d’être euthanasiées ?