Simon Lessard : En Russie, vous avez connu le régime soviétique communiste. Qu’est-ce qui était le plus difficile au quotidien dans cette société ?
Édouard Shatov : On n’imagine pas jusqu’à quel point, sous le prétexte de l’égalité, on instaurait le totalitarisme, c’est-à-dire l’égalitarisme total, et sous le prétexte du bien commun, on instaurait la destruction de la confiance et la surveillance de tout le monde.
Et si l’on prenait cette proposition de la « représentation » au pied de la lettre, cela signifie-t-il que dire « vous » à quelqu’un implique qu’on se le « représente » comme étant plusieurs ? Qu’on a une « représentation » féminine quand on dit « une recrue » pour un homme ? Qu’employer un présent dans » je pars demain matin » impliquerait une impossibilité à se « représenter » l’avenir ? La langue ne fonctionne pas comme on le croit : c’est bien pour cela que les linguistes l’étudient…
J’ai essayé de montrer que le principe de l’écriture inclusive relevait d’une tyrannie portée sur la langue française, en utilisant les deux définitions que Pascal donne de la tyrannie.
La première définition est la suivante : « La tyrannie est de vouloir avoir par une voie ce qu’on ne peut avoir que par une autre. » Cette définition est extraordinaire, car c’est la seule définition purement formelle de la tyrannie.
La seconde définition pascalienne complète la première. Elle s’énonce ainsi : « La tyrannie consiste au désir de domination universel et hors de son ordre. » Cette seconde définition s’applique particulièrement à la volonté qui entend s’imposer à la langue à travers l’écriture, cette volonté est bien un désir de domination universel parce que la langue est la dimension universelle d’une culture dans son histoire et son présent.
La suite de la première vidéo qui débunk l'écriture inclusive
Une vidéo qui débunk l'écriture inclusive
Dans mon esprit, le terme « autrice » exclut les femmes de la famille des auteurs tels que je les ai imaginés, tel que je me les suis représentés depuis des dizaines d’années. Et ces décennies se transforment en siècles si je me réfère à un imaginaire commun : un imaginaire nécessairement convoqué lors d’un échange avec quelqu’un. Une « autrice », c’est un métier qui n’a pas d’histoire, qui n’a pas d’expérience, qui n’a pas de passé.
On voit bien que Vaugelas ne prescrit rien et qu'il préfère à titre personnel l'accord de proximité au féminin plutôt que l'accord au masculin. Bref, tout le contraire de ce que la vulgate féministe lui fait dire !
La Gauche historique, qui est le Parti de la société, de l’Histoire, a ici une responsabilité énorme pour défendre la langue française contre les lubies post-modernes. Car qui dit société, dit civilisation, sinon c’est le retour à la barbarie. L’écriture inclusive est typiquement ce genre de barbarie anti-sociale que la Gauche doit dénoncer et combattre.
Retrouvez ci-dessous une liste non exhaustive d'arguments contre l'écriture inclusive
Ce qui importe dans l'écriture, c'est que tout le monde écrive pareil, d'où son conservatisme nécessaire: si l'on change tout le temps les normes, même pour «améliorer» les choses, on introduit une incertitude dans le code orthographique qui empêche son automatisation. L'arbitraire orthographique — toutes ces exceptions qui nous embêtent dans l'apprentissage — est le fruit d'une sédimentation qui doit au hasard et, à la marge, à des décisions pratiques. Cela permet justement de ne pas avoir à décider du meilleur code graphique possible puisqu'il est déjà figé et, surtout, parce qu'il ne dépend pas de nous. L'écriture inclusive introduit l'idée qu'on pourrait avoir une orthographe investie d'un souci moral — et, du coup, différente selon ses sensibilités politiques: sur le plan social, c'est éminemment clivant… et c'est fort peu «inclusif»!
Évidemment, je prends là «conservateur» au sens propre alors que le mot «conservateur» est souvent employé dans un cadre idéologique avec des connotations négatives, parce qu'on veut l'opposer à «progressiste». C'est un artifice et c'est une polarisation qu'il faut refuser. Les étiquetages de type «réactionnaire» et «révolutionnaire» n'ont de sens que pour les militants qui y croient et qui veulent intimider et diaboliser un adversaire. Intellectuellement, c'est une escroquerie. Il n'y a pas de progrès en grammaire.
Professeur à l'Université de Bourgogne, Jean Szlamowicz est linguiste et auteur de plusieurs ouvrages de grammaire. Il explique ici les enjeux politiques autour de l'idéologie du genre, de l'écriture inclusive et des débats autour de la féminisation des mots, qui relèvent davantage du combat politique que d'une véritable réflexion grammaticale.
Il y a même un dictionnaire collaboratif sur le sujet
Pour les mêmes raisons il n’y a pas de rapport formel entre le féminin et le masculin dans la langue, et dans la réalité. Personne ne pense à une « femme voiture » ou un « homme grille pain ». Pourtant la langue française utilise le féminin et le masculin de manière neutre dans la majorité des cas. Considérer que cet usage du féminin et du masculin porte un sens de sexualisation n’a absolument aucun sens, c’est une absurdité que tout le monde comprend.
La vertu ostentatoire, ça n'a pas grande valeur.
L'écriture inclusive est une manière d'afficher que l'on est féministe.
Entretien avec Claire Martinot, Professeur en linguistique (Sorbonne université), présidente de la Cellule de Recherche en Linguistique (CRL)
Si vous voulez vraiment utiliser l'écriture inclusive abrégée, remplacez le point médian par le point d'hyphénation pour une meilleure accessibilité.
Une vidéo qui a déjà 3 ans sur l'écriture inclusive et les problèmes qu'elle va générer. Pardon, qu'elle génère déjà en 2021.
C’est intéressant de voir que ces victimes auto-proclamées exercent dorénavant la dictature en excluant au nom de l’inclusivité.
Que répondre à l'affirmation féministe de lutte contre « Au pluriel, le masculin l'emporte sur le féminin. » ?
« Tout pluriel mixte est neutre ».
Sachant, si on est allé à l'école, que les pluriels neutres sont :
- tantôt d'apparence masculine (des individus suspects),
- tantôt d'apparence féminine (des personnes suspectes)
Il est même des féminins singuliers neutres : « Je suis une personne, et pourtant, je suis un homme. »
Alors que la proposition de loi visant à interdire l’écriture inclusive relance le débat en France, un correspondant britannique publie un vibrant vœu de voir disparaître la pire calamité que peut rencontrer un francophone : le point médian.