On nous a fait parvenir cette lettre d’un responsable d’Hadopi qui ne perd pas de temps et souhaite s’inviter dans l’Éducation nationale en animant des ateliers de « sensibilisation » en direction des professeurs et des élèves. Pour ce faire (et c’est malin), on contacte les personnes en charge de la vie lycéenne dans les rectorats.
Via Numerama : « La blogueuse Klaire a réalisé le test intégral des plateformes légales de vidéos ayant reçu le précieux label "PUR" par la Hadopi. Téléchargement impossible après paiement, problèmes techniques, offre inexistante... Résultat : 16 des 20 plateformes testées posent problème. »
Dans ces lignes, la Hadopi répète que « le fait pour un tiers de disposer ces informations [demandées, NDLR] permettrait notamment de contourner plus facilement le système d’information de la Hadopi ou de l’attaquer ». L’Hadopi, qui flaire les trous de sécurité chez les abonnés mal sécurisés, ne veut donc pas qu’on mette n’importe quelle truffe dans ses petits secrets. Dont acte.
Au moins c'est clair. Pour la présidente de la Hadopi, qui s'en félicite, le système d'amendes de 60 euros ou plus que souhaite installer le rapport Lescure aura plusieurs mérites, dont celui de multiplier le nombre des condamnés grâce à une procédure moins rigoureuse... Notamment au regard des droits de la défense et de la présomption d'innocence.
Services VPN qui respectent la vie privée (pas de logs des connexions)
L’étude va même plus loin en affirmant que « les clics sur les sites légaux d'achat auraient été plus faibles de 2% en l'absence de sites de téléchargement illégaux ». Ce constat est le même pour le streaming musical, le bénéfice est de 7%.
Aller à la page 134 pour y trouver la caverne d'Alibaba
Ce serait en tout cas un retour aux sources pour la loi Hadopi, née des cendres de la loi DADVSI, dont le dispositif d'amendes automatisées avait été censuré par le Conseil constitutionnel. Mais il l'avait été à l'époque parce que l'amende condamnait un acte de "contrefaçon" sur Internet, en créant une exception injustifiée au régime pénal normal des contrefaçons. Cette fois, l'amende automatisée viserait l'infraction de négligence caractérisée, ce qui éviterait une censure du Conseil constitutionnel.
Je le savais : c'est la même logique qu'il y a entre #hadopi et le #mariagepourtous ! La preuve ? Franck Riester va voter pour #grossous
Ne faudrait-il pas mieux se pencher sur l’utilisation du budget chez Hadopi, et filer une grande partie de cet argent à des organismes chargés de protéger les intérêts des citoyens, comme la CNIL par exemple ?
En gros, c’est bien un peu la bonne vieille idée de la licence globale qui est appliquée : on paye un montant fixe et hop on peut télécharger ce qu’on veut sans être inquiété (alors qu’en France vous payez la copie privée, et votre FAI est tenue de surveiller ce que vous téléchargez, grâce à Hadopi).
« On a renvoyé l’analyse au ministère de la Culture. S’il y a une décision qui nous dit c’est tant par adresse IP, bien évidemment, on paiera ». Le dossier a été envoyé voilà six mois (janvier 2012) à la rue de Valois, depuis sans retour.
Et de l’autre, des factures impayées par la Hadopi qui s’accumulent et qui dépassent les 2.5 millions d’euros pour la seule année 2011 !
Or ce faisant, Pierre Lescure perpétue l'erreur fondamentale de tous ceux qui ont cherché à lutter contre le piratage par la répression depuis 15 ans : ils pensent que le piratage naît de l'offre de contenus piratés, alors qu'elle naît de la demande.
La Hadopi a fait connaître les grandes lignes de sa stratégie pour observer l'utilisation des plateformes de streaming et de téléchargement direct, et analyser la quantité et la nature des fichiers mis à disposition sur newsgroups ou les réseaux P2P. La Haute Autorité va notamment déployer toute une série d'outils pour regarder vers quoi pointent les liens diffusés sur les sites et forums pointés du doigt par les ayants droit.
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Le 26 septembre 2012, au lancement de la mission Lescure, nous rappelions à Aurélie Filippetti ses propos tenus dans le passé contre Hadopi. Réponse de l'intéressée : « aujourd’hui, on est en 2012, ça ne sert à rien de regarder dans le rétroviseur. » A rien, sauf à constater une lente déliquescence de ses positions...
L’industrie du copyright comprend exactement ce qu’est Internet, et qu’il doit être détruit pour que cette industrie garde un soupçon de pertinence.
Mais dans ce processus sans fin de la collecte, se cache toujours un désir secret de transcendance : léguer ce trésor à un héritier ou, pourquoi pas, à une fondation qui porte son nom. Or, l’intéressé doit savoir que si l’achat s’est effectué sur l’Apple Store, sa collection passera dans l’au-delà avec lui. Et la même chose pour la bibliothèque qu’il aura constituée sur Amazon. Vous n’êtes plus le propriétaire d’un bien, mais le simple usager d’un service.
Filtrer le web pour y éliminer ce qui nous dérange semble a beaucoup une solution simple, magique et logique. Qu’importe si cela ne fait que déplacer le problème ! Car bien souvent, en réaction, les contenus filtrés évoluent, se renouvellent, se déplacent sans réellement disparaître : sur de nouvelles plateformes, dans d’autres espaces, sur d’autres outils qui les rendent toujours plus diffciles à repérer (protection par mots de passes, langage cryptés…). On ferme Mega Upload et 100 000 refleurissent.