Un jour, peut-être, les ayants droit comprendront…
Si les effets réels de l’Hadopi sur le piratage demeurent encore à démontrer, le constat fait par les abonnés est beaucoup plus tangible : en l’espace d’une seule année, combinée à une hausse de TVA, l’arrivée de l’Hadopi a fait grimper le prix moyen d’un abonnement haut débit de 2 à 10 euros en moyenne, quel que soit l’opérateur. Amer bilan...
Les serveurs de news offrent, à de rares exceptions près, un anonymat complet par connexion SSL sur les transferts de l’usager, quand ce n’est pas purement et simplement un VPN qui est proposé gratuitement dans l’offre (Giganews).
==> Contourner HADOPI via GigaNews, VPN en prime ! #hadopi, un combat stupide perdu d'avance... au détriment des auteurs
Avec un trafic essentiellement descendant (du téléchargement) qui coûte beaucoup plus cher aux FAI que les échanges de fichiers décentralisés qui étaient davantage symétriques (téléchargement et upload), et donnaient donc lieu à des accords d'échanges de trafic entre opérateurs, dans un jeu à somme nulle. Cette augmentation des coûts est encore plus sensible pour acheminer les données vers les abonnés situés en zone non dégroupée, où le FAI n'est pas propriétaire du réseau qu'il exploite.
==> Autant d'argent qui ne pourra plus aller aux artistes...
L'HADOPI ne doit regarder que les protocoles P2P. Quelqu'un a été repéré lors d'un échange FTP
"Un mail injuste"
La semaine dernière, lorsque Philippe a reçu le mail d'avertissement, il a été "particulièrement agacé". Cet artiste estime qu'on le soupçonne de pirater ses propres œuvres. Un comble pour cet auteur-compositeur. "Le mail d'Hadopi indique que des téléchargements "frauduleux" ont été repérés à une certaine date. Mais après enquête, j'ai remarqué que ce jour là j'ai échangé des mails et des fichiers comportant mes compositions avec mes musiciens". "Mes chansons sont hébergées sur un serveur FTP pour que je puisse travailler plus facilement avec eux," explique Philippe. "Je me sens épié injustement" confie-t-il à TF1 News. Contrairement à Agatha, il ne compte pas écrire à la Haute Autorité. "Je ne change rien à mes habitudes. Si je reçois un deuxième courrier, peut-être que je réagirai". "Hadopi est là pour protéger les auteurs et pas les "fliquer", lance-t-il, irrité.
En période de mutation, la seule politique juste doit protéger le créateur et inciter l’intermédiaire à évoluer. Puisqu’il s’agit bien de préserver les deux seuls maillons irremplaçables de la chaîne culturelle, les créateurs et le public. Et de ne pas protéger indûment les intermédiaires, censés à chaque étape s’adapter ou périr. Les producteurs incapables de prendre en compte la radio ont ainsi disparu, comme les éditeurs de partitions incapables de tisser des alliances avec l’industrie du disque naissante.
Le principe est double, ne l’oublions pas. Le livre, comme livre, appartient à l’auteur, mais comme pensée, il appartient—le mot n’est pas trop vaste—au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l’un des deux droits, le droit de l’écrivain et le droit de l’esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l’écrivain, car l’intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous.
Charme parfait du dispositif, c’est l’abonné qui installe volontairement cet œil, au parfum discret du « télécran » d’Orwell; chez lui. Et puisqu’en définitive le journal sécurisé sera infalsifiable, l’abonné pris la main dans le sac pour défaut de sécurisation pourra voir sa sanction potentielle (1 mois de suspension, 1500 euros d’amende pour défaut de sécurisation d’accès) se muer en délit de contrefaçon (3 ans de prison et 300 000 euros d’amende.
Et voilà comment « le système de contrôle » respectueux « des données personnelles » glisse tout doucement en surveillant et enfin, en menace juridique contre l’usager.
Est puni des mêmes peines le fait, commis de mauvaise foi, d’intercepter, de détourner, d’utiliser ou de divulguer des correspondances émises, transmises ou reçues par la voie des télécommunications ou de procéder à l’installation d’appareils conçus pour réaliser de telles interceptions.
J’espère que les personnes dont la correspondance a été rendue publique iront porter plainte.
Nous avons contacté le Conseil Supérieur de la Magistrature pour obtenir plus de précisions sur le statut des magistrats et spécialement l’état de leurs obligations quand ils œuvrent au sein d’une commission comme celle de la Hadopi. Réponse sous peu.
Un plugin pour encrypter/sécuriser les conversations avec Pidgin
«On ne change pas les comportements en trois mois. Mais si l'offre légale devient enfin moins chère, la majorité arrêtera probablement de télécharger illégalement. Et nous disparaîtrons d'ici à deux ans.»
Cette journalisation a ce charme vénéneux mis en avant par Maitre Eolas : « on constate que votre abonnement a servi à télécharger illégalement, et que s’il a pu servir à cela, c’est qu’il n’était pas assez sécurisé. Si vous apportez la preuve de sa sécurisation absolue ou presque, vous apportez la preuve que c’est vous qui avez téléchargé. Dans les deux cas, vous pouvez être sanctionné. Pervers, n’est-ce pas ? »
L’abonné est responsable des mauvais usages qui seraient commis par des tiers (membre de sa famille, voisins, étrangers). Qu’il se reproche quelque chose ou non n’a pas d’emprise. Au contraire, le texte injecte un climat de suspicion et de défiance dans l’entourage proche.
l'obligation faite au demandeur de payer lui-même les coûts de l'évaluation rend peu probable la labellisation de moyens de sécurisation gratuits et/ou open-source.
Un comble tout de même, la complexité de l’offre légale avec l’usage de DRM incite au piratage légal voir illégal…
La semaine dernière, c’est le patron de la Sacem, Bernard Miyet, qui commençait discrètement à prendre ses distances lors d’une audition par la Commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale.
Alors, résistance aux pannes ou contrôle accru ? Il va falloir choisir... Les deux sont complètement incompatibles : ce qui rend la censure si difficile à faire respecter, c'est justement ce qui rend l'Internet si robuste, la variété des connexions et des techniques, et surtout l'intelligence et l'initiative des acteurs.
On a préféré un mode "sustain" à un mode "disrupt". Cela ne pouvait que se casser la gueule.
Pour bannir toute confusion, il faut oublier le mot propriété, ou plus exactement se souvenir que ce mot ne vient pas seul. Une œuvre de l'esprit est par nature immatérielle. De ce fait, elle ne peut être volée à son auteur, même si on lui dérobe le support sur lequel cette œuvre est matérialisée (qui constitue bien un vol, mais du support, pas de l'œuvre). L'atteinte au droit d'auteur n'équivaut pas à voler une baguette de pain (argument d'Eddy Mitchell en 2006), ni à dealer de la drogue (argument Besson) ni à distribuer des oranges (argument Lefèbvre). Ça ne veut pas dire que c'est légal, mais c'est autre chose.