Cette thérapie, baptisée CTL019, utilise un variant désactivé du virus HIV pour modifier génétiquement le système immunitaire des patients de façon à ce que les cellules, ainsi reprogrammées (lymphocytes T, ou cellules T), détruisent les cellules cancéreuses.
Les chercheurs ont donc modifié les lymphocytes T en leur ajoutant un nouveau gène produisant une protéine qui les conduit à attaquer les cellules malignes. C'est pour acheminer ce gène à l'intérieur des cellules T, que les chercheurs ont utilisé comme "vecteur" de transport un virus modifié et issu du VIH.
Voilà donc deux grandes et justes causes, qui émeuvent et mobilisent car elles touchent des personnes malades : la lutte contre le sida et la lutte contre les maladies génétiques. Pourtant, la communication visant le grand public se fait mensongère et manipulatrice : la lutte contre le sida est instrumentalisée par des personnes qui tentent de faire cautionner leurs transgressions sexuelles. La lutte contre les maladies génétiques est instrumentalisée par des personnes qui tentent de faire cautionner leurs transgressions éthiques. Argent, pouvoir et sexe dirigent une partie du monde ? Ce n’est pas nouveau !
Il faut soutenir la solidarité envers les personnes malades, mais il n’y aura pas de vraie solidarité sans éthique.
Selon l’encyclique Humanæ vitæ de Paul VI (1968), « l’Église n’estime nullement illicite l’usage des moyens thérapeutiques vraiment nécessaires pour soigner des maladies de l’organisme, même si l’on prévoit qu’il en résultera un empêchement à la procréation, pourvu que cet empêchement ne soit pas, pour quelque motif que ce soit, directement voulu ».
« La lutte contre la pandémie de grippe A ne pourra se résumer à une seule réponse technique, agrémentée de choix individuels. Elle doit être une réponse collective. L’histoire a tranché. Une pandémie n’a jamais été vaincue par une seule riposte technico-médicale aussi fine soit-elle. C’est aussi la solidarité, l’aide, le souci de l’autre qui permettent d’éviter les emballements, les dérapages, les exclusions en tout genre. »
Remplaçons grippe A par SIDA et nous retrouvons le discours du Pape.
Comme quoi, le bon sens fini par l'emporter !
A la lecture de votre lettre adressée à Benoît XVI, dans Le Monde du 25 mars, nous nous demandons s'il est encore possible de réfléchir sur le sens de la sexualité humaine, des comportements et des modèles sexuels qu'une société génère, sans être aussitôt sommé de se taire, au nom d'une vision purement technologique en la matière et qui, au reste, ne prend pas en compte toutes les études épidémiologiques.
Qu'a voulu dire Benoît XVI qui a été mal compris par les Européens et, bizarrement, bien par les Africains ? Que le moyen le plus sûr d'éviter le sida, c'est d'arriver vierge au mariage avec quelqu'un qui est vierge aussi et de rester toute notre vie fidèle l'un à l'autre. Ce qui n'exclut en aucune façon le mariage gay. Bien sûr, c'est de l'idéalisme. Mais croire en Dieu, qu'est-ce que c'est ?
a force du message catholique sur la prévention face à l’épidémie du sida – outre l’appel à l’engagement auprès des malades et la demande d’une mise à disposition gratuite des trithérapies pour les populations pauvres – ne dépend pas d’une évaluation de la fiabilité des préservatifs ; elle se fonde sur l’importance d’une sexualité responsable, qui promeut la fidélité, le respect du partenaire, le refus du vagabondage, l’engagement dans une relation affective et sexuelle stable… Cet appel-là est à expliquer inlassablement et à soutenir.
Etape numéro 4 Sachant que :
* L’Eglise catholique est l’une des institutions internationales qui a le plus d’expérience de la réalité du Sida sur le terrain, parce que 25% des malades du Sida dans le monde sont pris en charge par des institutions catholiques.
* L’homme qui s’exprime ici n’est pas un hurluberlu un peu simplet, mais un homme de très haut niveau intellectuel et spirituel qui connaît très bien à la fois la pâte humaine et la question du Sida.
Répondez à la question suivante : Les propos du pape ne méritent-ils pas qu’on leur accorde un minimum de considération et de réflexion ?
En résumé. Au lieu d’adopter une position de fermeture, Benoît XVI a une position d’ouverture, soulignant qu’au sujet du recours au préservatif dans la lutte contre le SIDA également, l’Eglise raisonne selon deux plans : les principes, et la casuistique (le cas par cas).
« Imagine-t-on seulement un chrétien distribuant des chapelets à la Gay Pride ou à la sortie de boîtes échangistes, au cri de Pierre Bergé assassin ?»
The unavoidable fact is that, in Africa, Aids transmission rates have increased alongside the promotion of condoms. In Africa condoms cannot be used in the way that gay people use them in San Francisco, because the context is quite different. Condoms are not easily available, on a regular basis. They cannot readily be afforded, when not supplied. And even when they are available, the motivation is often lacking.
Il est surprenant de constater qu’il faille systématiquement se référer à des travaux anglo-saxons pour trouver ces éléments, surprenant de constater à quel point notre presse est silencieuse à ce sujet. Peut-on se permettre alors de suggérer à L’Express de remplacer l’idéologie par la curiosité, et la mise en perspective ?
Pour les catholiques, le C du programme ABC est peut-être regrettable — encore qu'il faille distinguer ce qui relève de l'enseignement du Magistère, et ce qui relève, dans la cohérence morale, de la responsabilité politique —, il reste qu'un immense pas en avant a été franchi.
La vérité est que les chrétiens français payent aujourd’hui une tendance à planquer leurs cadavres dans les placards, à ne pas travailler sérieusement les sujets qui fâchent, à manquer de confiance dans l’intelligence au service de la foi.
Analyse de la campagne de contre information pour défendre l'Eglise et le Pape.
Intéressant.
D’ailleurs, le grand débat scientifique aujourd’hui porte sur l’intérêt préventif de la charge virale : Kevin De Cock et ses collègues ont démontré à l’aide de modèles mathématiques que l’éradication de la pandémie est possible si l’accès universel au dépistage est doublé par l’accès universel au traitement. Cela rétablit l’espoir alors même que la recherche vaccinale est durablement dans l’impasse.
Les médicaments contre le virus pourrait même rendre obsolète le préservatif, car les preuves s’accumulent pour démontrer qu’ils sont efficaces pour empêcher la transmission du virus : ainsi, selon l’avis de la Commission fédérale suisse sur le sida, une personne qui prend bien son traitement antirétroviral ne serait plus contaminante sous certaines conditions !
On dispose de peu d’exemples de tests à grande échelle entre les politiques de promotion du préservatif, et les politiques de promotion de la fidélité et de l’abstinence ou de la chasteté. Il existe toutefois un exemple : l’Ouganda.
En Ouganda, vers 1990, l’épidémie était à son pic maximum, touchant 20% de la population. En 2006, le SIDA ne touchait plus que 6 à 7% de la population. Parce qu’ils ont encouragé la distribution de préservatifs partout où ils voyaient des jeunes ? Non, en s’efforçant d’obtenir un changement des comportements. L’Ouganda a mis en place un programme dit ABC (Abstain, Be faithful and if you must use Condoms).
Le but était de mettre en place une politique qui évite le risque, et non pas une politique qui le réduise. Le fait est que 93% de la population a changé de comportement.
“There is,” Green adds, “a consistent association shown by our best studies, including the U.S.-funded ‘Demographic Health Surveys,’ between greater availability and use of condoms and higher (not lower) HIV-infection rates. This may be due in part to a phenomenon known as risk compensation, meaning that when one uses a risk-reduction ‘technology’ such as condoms, one often loses the benefit (reduction in risk) by ‘compensating’ or taking greater chances than one would take without the risk-reduction technology.”
Il y a , ajouta Green, une constante corrélation montrée par nos meilleure études, incluant le U.S.-funded Demographic Health Surveys, entre une plus grande disponibilité et utilisation de préservatifs et un plus grand (et non plus bas) taux d’infection au Sida. Ceci peut être du à un phénomène appelé la compensation du risque, qui signifie que lorsque quelqu’un utilise une "technologie" de réduction de risques comme les préservatifs, il en perd souvent le bénéfice (réduction du risque) en compensant ou en prenant plus de risques que quelqu’un prendrait sans cette technologie de réduction du risque.
Cependant, certains médias et même des représentants politiques, ont accusé l'Eglise de promouvoir le Sida en Afrique. Il est évident que l'Eglise n'est pas en train de dire que l'on peut maintenir n'importe quel type de relations sexuelles, à condition de ne pas utiliser le préservatif, explique-t-il.