"LES BEATITUDES : UNE SECTE AUX PORTES DU VATICAN ?" / D’ici quelques mois, le Vatican va reconnaître officiellement une petite communauté religieuse très discrète fondée en 1973, les Béatitudes. Pourtant à bien des égards, cette communauté de quelques milliers de membres sent le souffre.
Ces fidèles vivent ensemble, comme les premiers disciples du Christ, des laïcs, des familles avec enfants, des prêtres et des sœurs consacrées. Les Béatitudes ont été fondées par Gérard Croissant, qui se fait depuis appeler frère Éphraïm.
Ce diacre est un personnage charismatique, il a des visions et Jésus a même réalisé devant lui plusieurs miracles «des multiplications de pains et de yaourts au chocolat», etc.
Il a aujourd’hui disparu de la circulation, suspendu par le Vatican pour des dérives de mœurs (des liaisons avec plusieurs religieuses). D’ailleurs sur bien des aspects cette communauté ne semble pas «très catholique».
Georges Fenech Président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), est même formel : les dérives sectaires sont claires et avérées: emprise psychologique, dérives financières, soumission au berger, abus sexuels.
En quelques années, les béatitudes sont pourtant parvenues à bâtir un «Empire» : une constellation de 77 communautés dans 26 pays sur les 5 continents. Éphraïm a placé tous ses proches aux postes clés, notamment la gestion des finances. La communauté est souvent citée parmi les dix « sectes » les plus riches du monde. Elle possède un patrimoine immobilier important (châteaux, gites, maisons, parcs) qu’elle gère grâce à de nombreuses associations ou sociétés écran. François Bayrou compte parmi les sympathisants de cette étrange communauté.
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Première diffusion : 14/11/2011
Un reportage de Sophie Bonnet
Mais, plus fondamentalement, que reste-t-il de la responsabilité de l’homme ? N’est-ce pas trop facile de désigner des causes extérieures à nous-même pour ne pas affronter notre propre liberté ? Il existe ici une grande confusion entre mal subi et mal commis, entre volontaire et involontaire. Qu’est-ce qu’un consentement à un lien qui ne serait pas volontaire ? Quelle place accorder à la gravité objective d’un acte de péché et à la connaissance qu’en a le sujet ? Quel sens reste à l’ascèse et au patient effort de conversion intérieure ? Quelle est la place du temps long, dont nous savons bien qu’il est un lieu de vérité ? Quelle est la place du combat spirituel ?