En 1977, il (Lacan) dira : « Notre pratique est une escroquerie, bluffer, faire ciller les gens, les éblouir avec des mots qui sont du chiqué, c’est quand même ce qu’on appelle d’habitude du chiqué. […] Du point de vue éthique, c’est intenable, notre profession ; c’est bien d’ailleurs pour ça que j’en suis malade, parce que j’ai un surmoi comme tout le monde » [11]. Ou encore en 1979 : « Comme l’a montré abondamment un nommé Karl Popper, la psychanalyse n’est pas une science du tout, parce que c’est irréfutable. C’est une pratique, une pratique qui durera ce qu’elle durera. C’est une pratique de bavardage »
Car c’est Maurice Clavel, quelques jours avant sa mort, dans la dernière conversation que j’ai eue avec lui, qui m’avait signalé l’importance du livre de Marie Balmary, qu’il avait fait paraître chez Grasset : L’homme aux statues. Freud et la faute cachée du père. Il m’avait même proprement intimé de le lire toutes affaires cessantes et d’en rendre compte, car il considérait qu’il s’agissait d’un événement culturel considérable.