On s’interroge depuis longtemps sur la manière de désigner, en français, une femme qui écrit, particulièrement des œuvres littéraires. Doit-on l’appeler autrice, auteure ou auteur? Les ouvrages de référence présentent des réponses parfois assez divergentes.
La langue n’est pas une liste de mots dénués de contexte et d’intentions, renvoyant à des essences. Il n’y a aucune langue qui soit fondée sur une correspondance sexuelle stricte. Autrement, le sens des mots serait déterminé par la nature de ce qu’ils désignent, ce qui est faux. Si c’était le cas, toutes les langues du monde auraient le même système lexical pour désigner les humains. Or, la langue n’a pas pour principe de fonctionnement de désigner le sexe des êtres : dire à une enfant "Tu es un vrai tyran" ne réfère pas à son sexe, mais à son comportement, indépendant du genre du mot.
Autrement dit en privant le genre non-marqué (dit masculin) de la fonction extensive, cette écriture en restreint l’usage : ce genre non-marqué ne désigne plus alors que le masculin, le vrai de vrai, celui qui a des couilles. Résultat machiste plutôt comique d’une amputation linguistique. En prétendant enrichir et préciser la langue, on l’appauvrit.
Notion de masculin extensif
On ignore encore quel bénéfice les femmes pourraient tirer de ces usages, à moins de penser que l’orthographe puisse comme par magie transformer la réalité sociale. D’ailleurs, de nombreuses firmes usent dans leur communication de l’écriture inclusive, sans pour autant concéder l’égalité salariale. Partageant à présent les mêmes principes managériaux, les administrations comme les entreprises ont perçu le bénéfice qu’elles pouvaient tirer, pour accroître leur contrôle social, d’un nouveau conformisme aux dehors charitablement paternalistes ou plutôt maternalistes.
La parution chez Hatier d’un manuel scolaire adoptant une écriture inclusive, veillant à une représentation plus équilibrée des femmes et des hommes dans la langue, déclenche depuis plusieurs semaines de vives polémiques, au point que l’Académie française y voit un « péril mortel » pour la langue française. Légothèque vous propose de faire le point sur les modalités d’une écriture inclusive et accessible au plus grand nombre.
Nous sommes régulièrement contactés pour savoir comment utiliser un « langage non genré » de manière accessible. Afin de vous aider à y voir plus clair, cet article vous propose un tour d’horizon des possibilités et de leur restitution par les lecteurs d’écran.
Vincent Valetin propose une synthèse sur l’accessibilité des graphies de l’inclusivité.
oris Schapira, développeur web, évoque dans son article « Mon propre guide d’écriture inclusive » des solutions de développement web rendant accessible aux logiciels de synthèse vocales l’utilisation des points médians.
Un article très documenté sur l'influence du genre dans la langue sur les représentation mentales.
Quid de l'éducation en général ?
Petit thread nocturne sur l'#écritureinclusive et pourquoi je pense que
1) c'est pas viable et
2) ça ne sert à rien dans la lutte féministe
Une extension de Firefox pour supprimer (ou au contraire, mettre en évidence) l'écriture inclusive (formes abrégées) d'un texte et le rendre lisible pour une personne aveugle ou ayant du mal avec cette écriture.
Certaines formes d'écriture inclusives (celles avec les · ou . ou -) posent de gros problèmes d'accessibilité (en plus de poser des problèmes de SEO).
Écriture inclusive pour Geek
Pour ou contre l'écriture inclusive ?
autant savoir de quoi on parle.
Une vidéo instructive sur le sujet.
Spoiler… évitez l’écriture inclusive
Je ne vais pas vous faire lire 5 paragraphes avant d’avoir la réponse, à ce jour mieux vaut franchement éviter d’utiliser cet artifice d’écriture si vous souhaitez vous positionner sur le féminin ou le masculin d’un mot, car vous allez rater les deux !
De plus en plus se répand l’idée que, pour lutter contre le sexisme et la domination masculine, il faut introduire partout l’écriture inclusive, c’est-à-dire écrire les noms et les adjectifs au pluriel avec les marques grammaticales conjointes du masculin et du féminin. Je voudrais qu’on réfléchisse sans préjugé au bien-fondé de cette pratique et à ses effets.
L'écriture inclusive est-elle le bon outil pour faire changer les mentalités ?