S'agissant de la France, l'ancien procureur de Genève, motivé à l'idée de poursuivre les turpitudes financières des chefs d'Etat de la planète, porte un regard acéré :
« Vous êtes désormais plus un royaume, avec un roi qui décide à peu près tout. Vue de l'étranger, la France n'est plus vraiment considérée comme une démocratie parlementaire. »
A l'appui de sa démonstration, le juriste décrypte la remontée du discours sécuritaire de Nicolas Sarkozy, à quelques jours de l'élection européenne. Où l'on oublie de traiter les « causes » de l'insécurité, en s'acharnant sur les « symptômes ».
Or, selon le Canard Enchaîné, la procédure d'attribution de la nouvelle licence prendrait 8 mois à partir du moment où la CPT rend son avis. L'objectif inavoué du gouvernement serait donc de retarder au maximum les choses, pour que l'avis ne soit pas donné avant février 2010, ce qui sauvera les trois opérateurs.
Une manoeuvre d'autant plus gênante que le futur président d'Orange, Stéphane Richard, est l'ancien directeur de cabinet de Bercy, qui ne compterait "que des amis" au sein de la CPT.
Petit à petit, les pièces du puzzle s'assemblent et l'image se révèle sous nos yeux. Le projet de loi Création et Internet n'a pas encore été promulgué que déjà le morceau suivant s'apprête à faire son apparition. Projet de loi après projet de loi, décret après décret, nomination après nomination, Nicolas Sarkozy prépare méthodiquement les moyens pour le gouvernement de contrôler Internet... et les internautes.
Je le disais pas plus tard qu'hier, France - Italie, même combat, des deux côtés des Alpes on nous prend pour des cons. Grave !
Après l'historique pas, voici le gavage de l'oie, un concentré de souffrance, avec Sarko (ou Berlusko, au choix, c'est totalement transposable, commutatif dirait Vicnent) dans le rôle du gaveur, et le peuple dans le rôle du bétail.
J'avoue avoir désormais, sur la seule base du débat Hadopi, une très piètre image du système parlementaire de la France. En tout état de cause, je sanctionnerai l'UMP dans les urnes, de maintenant à 2012 inclus. Le système politique qu'elle me propose est indigne d'une démocratie moderne.
De plus en plus j'observe entre Sarko et Berlusko des parallélismes inquiétants pour ce qui reste de la démocratie dans nos pays, où ces tristes personnages arrivés à la tête de l'état ne conçoivent plus leur rôle et leur mission que comme des marionnettistes tirant les fils de nos destinées sans se soucier le moins du monde des véritables problèmes et aspirations des populations respectives.
Analse de son discours de Nîmes
Le discours de Nicolas Sarkozy à Nîmes « a lancé » la campagne de l’UMP. Le parti du Président de la République nous offre une vision de l’Europe où ce sont les chefs d’Etats et de Gouvernements qui décident. Dommage pour une élection où nous votons pour les représentants des citoyens au Parlement européen.
Le régime que nous avons aujourd’hui est un obstacle à la créativité, et plus important encore, est incompatible avec le droit à la communication privée. La seule manière pour tenter d'arrêter le partage de fichiers est de laisser la possibilité au gouvernement de surveiller toutes les communications privées sur Internet.
Cela signifie que nous devons sacrifier nos droits, ceux de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme qui dit que nous avons « droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ». Cela signifierait renoncer à nos libertés fondamentales afin de soutenir un vieux système économique entièrement dépassé au profit de quelques grands majors américaines du cinéma et de la musique.
C'est une honte pour l'Europe que d’avoir des dirigeants politiques, y compris le président Sarkozy, qui soient prêts à vendre nos libertés civiles pour être de mèche avec les représentants de l'industrie du droit d'auteur.
the incestuous relationship between his government and TF1
Le 16 avril, Jérôme Bourreau reçoit sa lettre de « licenciement pour divergence forte avec la stratégie » de TF1. Etonnante lettre, dont Libération a eu copie : le groupe y reproche à son salarié son mail à Panafieu « par lequel [il] fais[ait] valoir, en tant que salarié du groupe, [son] hostilité au projet de loi Création et Internet ». Et TF1 l’écrit noir sur blanc : « Cette correspondance nous est parvenue via le cabinet du ministre de la Culture qui l’a adressée le jour même à la société TF1. »
.../...
Évidemment : quand apparaissent au grand jour les liaisons dangereuses entre le ministère de la Culture de Nicolas Sarkozy et la chaîne privée détenue par son meilleur ami Martin Bouygues, ça fait désordre.
Reste à savoir si en cas de bug dans cette machine de guerre, la Hadopi leur expliquera « nous avons fait une erreur en transférant ce mail » ?
Cette histoire désolante n’est pas une simple anecdote.
Elle illustre la confusion opérée entre le pouvoir politique et le principal média français.
Elle met en cause le droit d’opinion de chaque citoyen, rendu comptable, devant son employeur, de ses prises de position politiques, exprimées à titre personnel et privé.
Elle disqualifie définitivement la ministre de la Culture, dont le rôle est de protéger les libertés. Toutes les libertés : celle des créateurs, certes, mais également la liberté d’accès aux œuvres et à l’information, mise à mal par sa loi, et la liberté d’expression.
"L'obession de faire passer le texte à tout prix, dont je vois bien à quoi il correspond, me paraît de ce point de vu là dangereuse et révélatrice. C'est révélateur d'une chose en particulier, c'est qu'il n'y a pas de liberté du Parlement par rapport à l'exécutif"
« Nicolas Sarkozy en fait un point d'honneur ».
Et ce faisant, il en fait un objet de honte et de dégoût !
Je regrette que ceux qui préconisent la chasse aux internautes ne sont pas les plus respectueux du droit des artistes
Pourquoi contre vents et marées le Président de la République tient-il tant à ce texte ?
La réponse tient dans la suite du programme législatif, et en particulier la future loi de programmation de sécurité intérieure (LSI), sans cesse repoussée, qui prévoit une obligation de surveillance et de filtrage des contenus consultés par les internautes. Derrière la lutte contre le piratage, qui n'est qu'une façade, Nicolas Sarkozy souhaite faire entrer le cheval de Troie qu'est l'Hadopi et son obligation d'installer des "logiciels de sécurisation" sur tous les postes des foyers français. Une fois les filtres imposés sur tous les PC, ll suffira d'étendre au moment de la LSI les types de contenus ou les sites bloqués.
"Pire, au fond, l’obstination de Nicolas Sarkozy signe la fin de l’exception culturelle. En poursuivant la croisade archaïque contre les internautes, il renonce à réaffirmer l’importance des droits d’auteur face à tous les comportements prédateurs, auxquels le partage des œuvres à des fins non-lucratives ne saurait être assimilé".
POLITIQUE - Ceux qui ont inspiré les sorties du porte-parole de l'UMP et le best-of vidéo...
Frédéric Lefebvre, le choc des mots. Mais quid du poids, tiens? Depuis son arrivée au poste de porte-parole de l’UMP, le porte-flingue de Nicolas Sarkozy mitraille à tout va et évacue la monotonie des salles de rédaction.
"Désormais, le président passe même outre le rejet du texte par le pouvoir législatif. Sachant que cette loi consiste à court-circuiter l'autorité judiciaire, on ne peut que constater la volonté d'éradiquer tout contre-pouvoir démocratique à l'omnipotence présidentielle"
Nous avons eu un attaché parlementaire. Commentaire à chaud après le rejet du texte par : « Un séisme ! C’est rejeté, comme le PACS ou les OGM ! C’est arrive deux fois dans la 5eme république ! ». Le texte peut revenir sous une autre forme, mais il est mort pour plusieurs années nous assure-t-on « C’est hallucinant ! Sarkozy va piquer une crise de dingue, une colère noire, au groupe UMP, au Gouvernement. Un texte rejeté comme cela, c’est incroyable ! »