Pendant le long débat qui a précédé le vote de la loi HADOPI, la plupart des discussions ont été stériles, trop manichéennes... Chaque parti s'est retranché dans son camp laissant place à des dialogues de sourds.
Très frustré par la tournure qu'ont pris les débats j'ai réalisé un court documedia qui tente d'apporter de la lumière sur une question cruciale: comment accepter les nouvelles règles que nous imposent le réseau, donc la possibilité infinie de copie et de diffusion des contenus et garantir en même temps une juste retribution aux créateurs.
Je vous laisse juges...
La FAC se prononce pour une sorte de licence globale avec "une forme d'abonnement P2P" qui serait "la voie à suivre". Mais elle comprend l'hostilité des maisons de disques à une telle mesure. "Pour les majors du disque, le succès d'une telle initiative signifierait la fin du contrôle qu'elles ont sur la distribution de la musique"
Très frustré par la tournure qu’ont pris les débats j’ai réalisé un court documedia qui tente d’apporté de la lumière sur une question cruciale: comment accepter les nouvelles règles que nous imposent le réseau, donc la possibilité infinie de copie et de diffusion des contenus et garantir en même temps une juste retribution aux créateurs.
Je vous laisse juges…
EMI ayant menacé de porter plainte si l'album sortait dans le commerce, Danger Mouse a décidé de vendre un CD vierge, accompagné d'un livret de plus de 100 pages de photos de David Lynch. Les photographies, inspirées de la musique de l'album, fournissent à l'auditeur une "narration visuelle de la musique", et sortiront en édition limitée pour que les fans se les arrachent au meilleur prix. Mais une étiquette sur le boîtier précisera la chose suivante : "Pour des raisons juridiques, le CD-R fourni ne contient aucune musique. Utilisez-le comme bon vous semble".
L'internaute averti saura bien sûr retrouver la musique sur les sites de streaming ou de liens BitTorrent qui proposent déjà l'intégralité des morceaux, qu'il suffira de graver sur le CD fourni.
Mais le procédé employé par BayTSP n'est pas sécurisé. Tout d'abord au niveau vie privée, c'est le zéro pointé. Tous les formulaires sont référéncés par Google, ce qui permet à chacun de consulter tous les avertissements envoyés aux différentes adresses IP repérées.
Ensuite, en exploitant une faille XSS, il est possible de générer de faux avertissements et même de faux formulaires, qui permettent d'inciter les utilisateurs à télécharger par exemple un trojan lorsqu'ils pensent télécharger un "logiciel de sécurisation", ou même d'entrer un numéro de carte bancaire pour payer une prétendue amende.
Le risque existera aussi en France avec l'Hadopi, si de faux e-mails d'avertissement sont envoyés en son nom. Le phishing n'est pas réservé qu'aux banques.
J'avoue avoir désormais, sur la seule base du débat Hadopi, une très piètre image du système parlementaire de la France. En tout état de cause, je sanctionnerai l'UMP dans les urnes, de maintenant à 2012 inclus. Le système politique qu'elle me propose est indigne d'une démocratie moderne.
C'est sur ce point que je vais conclure : même si Hadopi est un vrai recul démocratique qui donne une loi inapplicable qui ne va pas servir les artistes, je suis persuadé que des milliers de gens ont commencé à prendre conscience qu'Internet est un bien commun qu'il convient de protéger. Et plus cette prise de conscience est large, moins il est facile de l'étouffer.
Ca n'est pourtant pas faute d'avoir prévenu les majors. "Si le prix augmente, [les clients] retourneront au piratage et tout le monde aura perdu", avait lui-même expliqué le patron d'Apple, Steve Jobs.
Le régime que nous avons aujourd’hui est un obstacle à la créativité, et plus important encore, est incompatible avec le droit à la communication privée. La seule manière pour tenter d'arrêter le partage de fichiers est de laisser la possibilité au gouvernement de surveiller toutes les communications privées sur Internet.
Cela signifie que nous devons sacrifier nos droits, ceux de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme qui dit que nous avons « droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ». Cela signifierait renoncer à nos libertés fondamentales afin de soutenir un vieux système économique entièrement dépassé au profit de quelques grands majors américaines du cinéma et de la musique.
C'est une honte pour l'Europe que d’avoir des dirigeants politiques, y compris le président Sarkozy, qui soient prêts à vendre nos libertés civiles pour être de mèche avec les représentants de l'industrie du droit d'auteur.
"Moi je suis pour le libre accès à la connaissance et à la culture et moi je vis de ma musique, et s'il fallait que j'en vive un peu moins bien mais que cela favorise l'accès plus large à l'information et à la connaissance de ce que je produits j'en serai heureux parce qu'on ne va pas commencer à mettre des barrières entre les gens et l'art au motif que l'on voudrait refaire sa piscine", a indiqué Francis Lalanne.
"Il faut qu'on arrête de confondre dans ce pays la garantie des droits et la répression (...) je ne dis pas que l'oeuvre intellectuelle n'a pas de valeur, mais elle n'a pas forcémment la valeur que la société de consommation décide qu'elle a. Moi je suis désolé mais mon oeuvre intellectuelle me permets de vivre même si je ne vends pas de disques demain"
"Je préfère que quelqu'un 'vole' ma musique plutôt qu'il ne l'écoute pas".
Il donne, finalement, le mot de la fin : "la peur du gendarme n'est pas le commencement de la sagesse, mais le commencement de la violence".
La preuve par neuf que l'offre légale en matière de film est minable !
Faudra-t-il un jour ajouter les auteurs et éditeurs de livres scolaires à la liste des industries à indemniser par une licence globale ? Ou faut-il contrôler et lutter contre les copies par la menace du bâton ou de la riposte graduée ? Plus qu'un choix économique, c'est un choix de société, dont on commence à peine à décerner l'ampleur à venir.
Patrick Waelbroeck est professeur associé à l’ENST au département Économie et Science Sociale. Il y enseigne l’économie industrielle et l’économétrie. Il est détenteur d’un doctorat obtenu à la Sorbonne et fait une partie de ses études à Yale. Ses recherches actuelles portent sur une approche à la fois pratique, scientifique et empirique du piratage sur internet et la protection technologique des industrie créatives. Il est également membre du comité éditorial du Journal of Cultural Economics. Il a publié de nombreux travaux sur le sujet du piratage et de l’industrie culturelle et fait parti des sommités mondiales sur le sujet.
Les états-majors politiques devraient se méfier du potentiel de radicalisation des plus jeunes dont ce genre de thématique est porteur. L'image du pirate, en particulier, suscite leur adhésion. Le héros moderne est un jeune hacker qui défie le système.
Ce système, au demeurant, n'offre aucune perspective d'avenir aux jeunes, tout en leur faisant déjà mesurer le poids de la facture qu'ils auront à payer - climatique, environnementale, économique, etc. Il sauve la peau de banquiers dont l'irresponsabilité a fait partir des milliers de milliards de dollars en fumée, mais plonge leurs parents et des pans entiers de l'humanité dans la précarité. Il ne prévoit aucune sanction contre les financiers de haut vol qui ont mis l'économie mondiale à genoux par excès d'avidité, mais veut couper l'accès à Internet de ceux qui téléchargent des chansons sans payer.
Quelques logiciel de P2P anonymes.
Il y a une semaine, Sylvain Zimmer, l’un des fondateurs de la plate-forme de musique « libre, légale et illimitée » Jamendo, faisait paraître un intéressant article témoignage dans la presse (en l’occurrence Le Monde), que nous avons choisi de reproduire ici avec son autorisation (oui, je sais, c’est sous licence Creative Commons, donc il n’y a pas besoin d’autorisation, mais rien n’empêche l’élégance et la courtoisie).
3 000 jours de retard, ça nous ramène directement à l’époque de l’apogée de Napster, où il n’était quand même pas si compliqué de comprendre que nous étions à l’aube de grands bouleversements dans le monde musical…
Le procès de The Pirate Bay n'en finit pas de connaître des rebondissements, mais celui-ci est grave. Selon des médias suédois, le juge qui a condamné les administrateurs de The Pirate Bay à un an d'emprisonnement est lui-même membre d'organisations de protection du droit d'auteur au côté des plaignants, et serait donc en flagrant délit de conflit d'intérêts. L'annulation du jugement est une possibilité.
En effet, après le jugement de The Pirate Bay dont les têtes pensantes ont toutes été condamnées à 1 an de prison, une radio suèdoise vient de révéler que le juge Tomas Norström était mouillé jusqu’au cou ! En effet, ce dernier est membre du Svenska föreningen för upphovsrätt (Association Suédoise des Droits d’Auteurs) et du Svenska föreningen för industriellt rättsskydd (Association Suédoise pour la Protection de la Propriété Intellectuelle)…
Moteur de recherche basé sur Google et consacré à la recherche de torrents ;-)
Pourquoi ne pas laisser un marché des abonnements se mettre en place ?
Des majors on en effet décidé de tester des modèles à base d’abonnements illimités à leurs catalogues pour quelques euros par mois associés à des opérateurs téléphoniques ou des FAI. Ils considèrent d’ailleurs que la licence globale est donc inutile de ce fait. Or, ce n’est pas satisfaisant . Pour les consommateurs cela restreint le choix au catalogue d’une maison de disque, quand on aime la musique, on n’aime pas seulement la musique d’Universal par exemple. Ensuite, ces contrats excluent de l’économie musicale les labels indépendants et surtout, les artistes indépendants.