Avec l’extension de la PMA et la mise en place de la GPA, les droits et l’intérêt supérieur de l’enfant sont ainsi sacrifiés au profit de l’intérêt des adultes, or un enfant n’est pas un objet, ni un projet, mais une personne. Ni les nouvelles techniques de procréation, ni les innovations juridiques ne doivent aboutir à légitimer la « fabrication » délibérée d’enfants adoptables pour la seule satisfaction du désir des adultes.
La présente proposition de loi a pour objet d'ouvrir l'assistance médicale à la procréation à tous les couples infertiles, qu'il s'agisse d'une infertilité médicale ou « sociale ».
C’est la raison pour laquelle on ne peut attaquer l’Etat devant les tribunaux pour discrimination liée à l’orientation sexuelle, sauf à considérer, paradoxalement, que l’homosexualité serait une maladie de laquelle procéderait une infertilité.
Voilà ce dont ils ne veulent pas parler : le thème de l'«égalité des droits» invoqué pour revendiquer un droit à l'enfant est contradictoire avec les droits de l'enfant à avoir une figure paternelle et une figure maternelle, droit dont nous avons tous bénéficié, en principe sinon en réalité. Il y a bien une rupture d'égalité dans le fait de priver a priori un mineur de l'intimité d'une femme ou d'un homme dans son enfance, et cela sans autre raison que le désir de deux adultes. Ce bug conceptuel de l'homoparenté plonge nos deux «droits-de-l'hommistes» en plein mutisme : pas une ligne dans leurs éditoriaux sur l'adoption et la procréation médicalement assistée (PMA) autour de laquelle commencent à se déchirer verts et socialistes !
On peut être pro "amour", pro "liberté", pro "égalité", et s'opposer au vote du texte sur le "mariage pour tous". Mieux encore : par respect pour les personnes homosexuelles, utilisées comme une arme politicienne par un gouvernement contesté sur tous les autres fronts, on doit s'y opposer. Pas pour rapporter des points à Frigide Barjot, dont certains affirment qu'elle serait en mal de notoriété, mais pour refuser d'entrer dans une société de consommation de l'humain.
Arrêtons de nous laisser déchirer par quelques poignées d'idéologues manipulateurs et pensons par nous-mêmes. Voulons-nous d'une société où la mère et l'enfant pourraient un jour se marchander, ou devons-nous tout faire pour empêcher cette loi d'être votée ? L'alternative est moins simpliste, mais beaucoup plus facile à trancher que le faux débat censé nous diviser.
La voie qui conduit à la libération des femmes est longue et difficile, nous le savons toutes deux. On y rencontre quelques pièges. Ceux qui nous sont tendus par notre bonne conscience ne sont pas les moins redoutables. Un jour, on réclamera la GPA au nom de l’égalité entre les couples féminins et les couples masculins. Ce jour là, c’est au nom de l’égalité entre les sexes, qu’on revendiquera ce qui sera une grande régression pour la femme. Et ceci, nous pouvions l’éviter avec une loi plus mesurée, qui aurait organisé l’adoption simple et non plénière, fermant ainsi clairement la porte à la PMA et la GPA.