Deux points sont à relever : tout d'abord, la méthodologie d'une étude scientifique au demeurant très prudente et aux conclusions modestes est tenue pour suspecte dès lors qu'elle ne cadre pas avec le dogme de la théorie du genre. En effet, si le désir de changer de sexe, tout au moins chez certains adolescents et jeunes adultes, est un phénomène social, voire un phénomène de mode, alors la théorie du genre s'effondre, ou plutôt révèle son essence idéologique. Que l'on puisse émettre l'hypothèse que le désir de changer de sexe pourrait relever du mimétisme social, voilà qui doit être censuré à tout prix, de peur de révéler que le roi est nu.
Deuxièmement, la politique, dans les universités nord-américaines, et même dans les revues scientifiques, l'emporte désormais sur la recherche de la vérité. Les pressions communautaires, la peur de déplaire ou de passer pour « transphobe » surpassent l'éthique de la recherche, jusque dans le champ de la santé publique. On savait déjà que l'enseignement des sciences humaines, des arts et des lettres, était depuis longtemps phagocyté par l'idéologie identitaire, qu'il se noyait lentement, comme l'a rappelé Michel Guerrin, sous le robinet d'eau tiède du politiquement correct. On est surpris désormais d'apprendre que même les études relatives à la santé sont filtrées par des dispositifs de censure idéologique.