Deuxième problème : puisque le militantisme “woke” revendique, pour chacun, des identités particulières censées primer sur l’appartenance à une humanité commune, il rend impossible le dialogue, au sens du rapport entre Je et Tu, dans l’espace symbolique et neutre de l’interlocution. Déroute du symbolique et démonstration d’une appartenance identitaire qui porte en elle les droits que l’on revendique. Ainsi, tout rapport aux autres devient procédural. On ne s’adressera à une “personne” woke qu’après avoir exhibé tous les signes de correction idéologique, afin de ne pas l’offenser dans son identité, réelle ou ressentie. C’est donc la destruction achevée de l’humain, si l’on suppose qu’il n’est d’humanité que par le rapport à l’altérité, l’exposition risquée à ce qui n’est pas soi.
15525 shaares