Dans ce nouvel épisode de notre cycle de philosophie politique, nous abordons l’une des questions les plus classiques de la discipline : qui doit gouverner, et sous quelle forme ?
Nous partirons d’un principe formulé par saint Augustin : gouverner ne devrait pas signifier dominer. Celui qui commande est, dans la conception classique présentée ici, au service de ceux qu’il gouverne. Le pouvoir politique apparaît donc moins comme un privilège que comme une fonction ordonnée au bien de la communauté.
À partir de là, nous parcourrons les grandes formes classiques du gouvernement et leurs corruptions : le gouvernement d’un seul peut devenir monarchie ou tyrannie ; celui d’un petit nombre, aristocratie ou oligarchie ; celui du peuple peut lui aussi prendre différentes formes selon la finalité poursuivie.
Mais le pouvoir politique ne se réduit pas aux institutions. L’argent, les médias, l’école, la religion ou encore la force constituent eux aussi des formes de pouvoir capables d’influencer profondément la vie commune.
La question politique devient alors : où se trouve réellement le pouvoir, et au service de quel bien s’exerce-t-il ?
Nous découvrirons enfin l’anacyclose, cette théorie antique selon laquelle les régimes politiques tendent à se transformer et à dégénérer les uns dans les autres lorsque disparaissent la vertu et la recherche du bien commun.
Alors, monarchie ? Aristocratie ? République ? Démocratie ?
Peut-être que la véritable question n’est pas : « Quel est le meilleur régime politique ? »