Si je peux me permettre une suggestion amicale à ce lecteur (et à ceux dont la prospérité repose sur la multiplication des véhicules gourmands en pétrole raffiné) : changez de métier pendant qu'il en est encore temps. Le temps du pétrole bon marché est derrière nous.
La seule solution pour éviter la récession serait une augmentation permanente de la production de pétrole bon marché. L’impossible réalisation de ce fantasme nous conduit à l’autre solution : la décroissance massive de notre consommation de pétrole, que nous le voulions ou non.
Après le Pentagone, la Bundeswehr publie un rapport alarmiste quant aux conséquences, pour l'économie et la paix dans le monde, d'un pic pétrolier qui serait imminent.
Dans ce contexte, le pétrole redevenu peu cher est source de tous les dangers. Il laisse croire que le problème de l'approvisionnement a disparu, alors que c'est juste le reflet d'une demande qui baisse à cause de la récession ; il dissuade de faire les investissements structurants pour économiser l'énergie fossile, alors que ces derniers ne pourront être faits en une semaine « le moment venu », puisque cela concerne les logements, l'urbanisme industriel, les transports, la production électrique et même la structure des métiers ; il éloigne le spectre de la pénurie, alors que la récession actuelle menace justement la stabilité du monde et donc nos approvisionnements futurs.
Faire est à ce prix. Mais le prix à payer pour ne "rien faire" ne risque-t-il pas d'être bien plus élevé ?
Il s'agit d'inverser le principe actuel selon lequel plus l'on consomme, moins on paye à l'unité.
Si le gasoil était déjà à 4,16€/l, je ne prendrais plus ma voiture, car incapable d’en assurer le plein toutes les semaines.
« Se priver de nourriture plutôt que de voiture »
Voilà ce qui résume la mentalité américaine...