Et si le qualificatif de zèbre n'était qu'un masque (avec effet Barnum) cachant une autre réalité bien plus complexe (au risque de passer à côté d'un diagnostic nécessitant intervention) ?
Au-delà des diagnostics de véritables troubles, il y a aussi une demande croissante de tests pour obtenir l’étiquette HPI, qui est vue par certaines familles comme un diagnostic plus désirable que les TND. Dans certains cas, c’est légitime. Dans d’autres pas, notamment lorsqu’on fait croire que tous les problèmes de l’enfant sont dus à son haut QI, et qu’on passe à côté d’un véritable diagnostic et d’une opportunité de mieux aider l’enfant.
Les gens normaux disent les choses avec tact, mais comprennent ce qu'on leur dit sans filtrer avec un a priori de bienveillance.
Les nerds disent les choses abruptement, mais écoutent avec un filtre de bienveillance.
Ensuite, ces représentations peuvent mettre à mal la prise en considération des besoins spécifiques des hauts potentiels. À force d’associer une série d’éléments hétéroclites et non fondés, la crédibilité de l’existence même du haut potentiel et la nécessité de sa prise en compte s’en trouvent minées.
Dans ce domaine où les fausses représentations sont encore nombreuses et tenaces, il importe de se référer aux résultats issus de la recherche afin d’éviter d’enfermer les personnes dans des représentations erronées et de pouvoir les accueillir dans toute leur singularité, en faisant preuve de nuances : hypersensible ou pas, en réussite ou pas, en souffrance ou pas.
Finalement, quel que soit le terme que l’on choisisse et les paradoxes de gestion que cela soulève, l’essentiel n’est pas de détenir les clés d’une intelligence multiple, d’un potentiel prometteur ou d’un talent unique mais bien de savoir ce que l’on compte en faire une fois que l’on a pris conscience de notre place et de notre rôle dans ce monde.