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"Dans le cadre des informations demandées par Christine Albanel relatives à l'e-mail de M. Jérôme Bourreau, il est apparu qu'une copie de ce document (...) a bien été transmise à la chaîne TF1 à la fin du mois de février par l'un de ses collaborateurs", a-t-on indiqué au ministère. "Christine Albanel a déploré cet envoi, qu'elle considère comme une erreur regrettable. Elle a refusé la démission que lui a remise ce collaborateur et a décidé de le suspendre de ses fonctions présentes pendant une durée d'un mois."
Lors de la révélation de cette affaire par le journal Libération, jeudi, Mme Albanel avait affirmé "n'avoir jamais contacté la direction de TF1 pour s'immiscer dans la politique de gestion du personnel de la chaîne". "A ma connaissance, rien n'a été transmis" à la direction de TF1, avait-elle ajouté.
La vidéo dure 15 minutes mais elle est édifiante. Le député Bloche commence par un rappel des faits. Un cadre de TF1 aurait été licencié parce qu'il avait exprimé « une opinion dans une correspondance privée et que jusqu'à présent, il n'existe pas de délit pour l'expression d'une opinion dans un cadre privé (...). » Il aurait adressé à la députée UMP Françoise de Panafieu un mail critique sur la loi Hadopi. Panafieu l'aurait transféré au Ministère de la Culture. Lequel aurait dénoncé ledit cadre à la direction juridique de TF1.
Le 16 avril, Jérôme Bourreau reçoit sa lettre de « licenciement pour divergence forte avec la stratégie » de TF1. Etonnante lettre, dont Libération a eu copie : le groupe y reproche à son salarié son mail à Panafieu « par lequel [il] fais[ait] valoir, en tant que salarié du groupe, [son] hostilité au projet de loi Création et Internet ». Et TF1 l’écrit noir sur blanc : « Cette correspondance nous est parvenue via le cabinet du ministre de la Culture qui l’a adressée le jour même à la société TF1. »
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Évidemment : quand apparaissent au grand jour les liaisons dangereuses entre le ministère de la Culture de Nicolas Sarkozy et la chaîne privée détenue par son meilleur ami Martin Bouygues, ça fait désordre.
Le message « Pour faire dérailler un train, t'as une solution ? » a été transmis aux autorités par un autre client de l'opérateur, selon le Courrier Picard, qui a révélé l'affaire :
« Ce dernier, agent de sécurité à la SNCF, a pris connaissance du contenu du SMS sur un téléphone prêté par Bouygues Télécom, le même utilisé la veille par Stéphane. Sa hiérarchie lui a aussitôt conseillé d'alerter les autorités. »