Contrairement à la proposition française qui a introduit un délit d’entrave qui en ferait la loi la plus répressive au monde, un délit d’incitation au suicide assisté avec interdiction de toute publicité a été instauré ainsi que l’élargissement de la clause de conscience à l’ensemble des professionnels de santé.
Au point de me demander comment je ferai pour résister au raz de marée qui se prépare. Comment pourrais-je jouer de ma clause de conscience le jour où un patient me demandera de l’aider à mourir parce qu’il y a droit ? Comment pourrais-je l’abandonner auprès d’un confrère alors même que je saurai, en conscience, que je le jette dans la gueule du loup, dans la solitude la plus complète, avec une procédure administrative froide et dénuée d’humanité ? Comment ferais-je pour abandonner mon patient à cette pulsion de mort, cautionnée par notre société validiste et individualiste ? Sans avoir le droit de ne rien lui proposer d’autre…
"C'est une période très difficile pour les femmes, il n'est jamais anodin de faire un IVG. Elles méritent d'être accompagnée avec empathie. Un médecin à qui on obligerait de réaliser cet acte ne serait pas en capacité d'aider les femmes."
Le fait que l’Eglise s’exprime sur un sujet, sans plus guère de relais dans le monde politique, peut être aussi vu comme une chance. En effet, cela souligne que cette voix catholique ne cherche pas le pouvoir (si c’était le cas, c’est plutôt raté depuis un demi-siècle de recul politique), mais bien à faire un appel aux consciences.
1. Voter en conscience
L’évêque que je suis ne donnera évidemment aucune consigne ou indication de vote avant le second tour. Sinon, j’entrerais dans une bataille politique qui n’est pas de la compétence de l’Eglise. Donner des consignes de vote, ce serait même dénier aux fidèles catholiques l’aptitude à se déterminer par eux-mêmes et à assumer de manière responsable leur droit civique, voire se substituer à leur conscience. Sans compter le risque que je prendrais de diviser les catholiques dont je dois reconnaître la diversité des opinions. En revanche, comme Pasteur, je dois encourager les catholiques à accomplir leur devoir de citoyen en conscience : qu’ils décident de voter ou de s’abstenir, que ce soit toujours en conscience. Il s’agit donc pour moi d’exhorter les fidèles à faire œuvre de discernement, c’est-à-dire de choix mûrement réfléchi. Et pour être vraiment libre, le choix doit s’affranchir de toute pression, mot d’ordre, harcèlement de l’image ou du slogan, et exige de prendre du recul et de la hauteur.
Or, un sujet si grave ne peut être enfermé dans des postures militantes.
En fait, la proposition de créer un délit d’entrave numérique à l’interruption volontaire de grossesse contribuerait à rendre cet acte de moins en moins « volontaire », c’est-à-dire de moins en moins libre.
Heureux celui qui cherche un sens à sa vie et un chemin pour l'atteindre. S'il est certain qu'il n'y a pas qu'un seul bon chemin, il est non moins sûr que tous les chemins accessibles aux hommes ne sont pas tous bons. D'où la nécessité de discerner d'une part ce que l'on veut de bien pour soi et les autres et d'autre part de trouver les ressources pour y parvenir.
Si, comme moi, vous êtes attaché aux libertés fondamentales, vous ne pouvez pas laisser sans suite la décision de refuser aux maires d’agir en conscience.
Signez l’Appel au respect du droit par le Conseil constitutionnel.
Comme toute délibération de conseil municipal, celle-ci a donc été transmise au préfet qui dispose d’un délai de deux mois pour la contester devant le juge administratif. Le préfet est face à un choix cornélien : soit il ne conteste pas la délibération et reconnait légitime l’objection de conscience, soit il conteste la délibération, ce qui sera interprété comme l’aveu que marier deux personnes de même sexe lui pose un cas de conscience !