Pas de Tapis rouge pour le Ministre, mais des insultes. Les télévisions n’arrivent pas à y croire (ou était-ce prévisible) ? Samedi, à la fête de l’Humanité, des dizaines de personnes ont clamé des slogans très hostiles contre Frédéric Mitterrand. "Dehors Mitterrand, dehors Mitterrand (...) Enfoiré (...) Vendu... Dégage..." pouvait-on entendre lors du passage houleux du Ministre de la Culture et de la Communication. Ce dernier a déploré cette situation, tout en la minimisant.
HADOPI nous prépare une autre oblitération numérique, en coupant internet pour toute une famille si le petit dernier fait un téléchargement illégal. Un peu comme si toute une famille voyait ses livres confisqués parce que l'enfant de la famille a photocopié les pages d'un livre. C'est inacceptable.
Voilà les dangers du DRM: Faire disparaître des pans de notre culture ou de nos outils sur les caprices d'un industriel ou d'un actionnaire. Quel bel avenir culturel les industriels nous préparent-ils là, avec l'appui des gouvernements.
D’un côté, l’extension des domaines couverts par les brevets (molécules pharmaceutiques, variétés végétales, séquences génétiques, logiciels) restreint, pour le profit de quelques multinationales, l’accès à des ressources essentielles telles que les médicaments, les semences et l’information. La concentration des médias - notamment audiovisuels - menace la démocratie là où elle existe.
De l’autre côté, la production et le partage de l’information et des créations sont plus libres qu’avant, et la multiplication des échanges esquisse une société mondiale, diverse et solidaire. Les médias coopératifs, les logiciels libres, les publications scientifiques ouvertes et les autres biens communs réinventent la démocratie.
Comment les acteurs de ces nouveaux domaines peuvent-ils faire cause commune par-delà ce qui sépare les logiciels des ressources biologiques, ou l’art des sciences ?
Seul petit problème, les "pirates" français sont déjà bien divisés, victimes de ce que l'on pourrait appeler le syndrome corse. Outre le PPF de Ceresiani, on trouve en France le Partipirate.org et le PPF-CH canal historique (non, ce n'est pas une plaisanterie...).
Comment ? Mes propositions ne visent que les artistes et les ayant droits ? Ah, vous avez remarqué ? C'est juste que je suis de la vieille école, celle qui croit qu'une industrie, pour prospérer, doit s'adapter à ce que veulent ses clients et non les traiter en ennemis. L'industrie culturelle est la première responsable de son malheur. Elle a vécu 50 ans d'âge d'or et voudrait que ça dure éternellement, quitte à voter une loi qui arrête le temps.
Conclusion : On assiste à un changement important des habitudes de consommation. Le porte-monnaie du consommateur étant limité (ça ne fait pas de mal de le rappeler), celui-ci se retrouve confronté à un choix. Aujourd'hui, note Charles Arthur, "la réalité est qu'on peut choisir entre un jeu vidéo à [40 euros] qui durera plusieurs semaines et un CD à [15 euros] avec deux bons morceaux et huit autres ratés". Dans ces conditions, "beaucoup de gens choisissent les jeux et téléchargent les deux chansons". Que cela choque l'industrie musicale n'est pas une surprise, c'est même légitime, mais "est-ce une raison pour utiliser de faux arguments" ?
Faut vraiment être juriste à Bac+8 pour comprendre un texte pareil !
Mythe #3: les artistes sont des gens qui vendent des CDs
Ce mythe-ci, je le trouve carrément insultant pour les artistes. Non mais, franchement. Pourquoi diable vendre des CDs serait-ce la seule façon pour un musicien ou un chanteur professionnel de se réaliser dans la société d’aujourd’hui? Un artiste, c’est tellement plus qu’un fabricant de CDs.
Faudra-t-il un jour ajouter les auteurs et éditeurs de livres scolaires à la liste des industries à indemniser par une licence globale ? Ou faut-il contrôler et lutter contre les copies par la menace du bâton ou de la riposte graduée ? Plus qu'un choix économique, c'est un choix de société, dont on commence à peine à décerner l'ampleur à venir.
Patrick Waelbroeck est professeur associé à l’ENST au département Économie et Science Sociale. Il y enseigne l’économie industrielle et l’économétrie. Il est détenteur d’un doctorat obtenu à la Sorbonne et fait une partie de ses études à Yale. Ses recherches actuelles portent sur une approche à la fois pratique, scientifique et empirique du piratage sur internet et la protection technologique des industrie créatives. Il est également membre du comité éditorial du Journal of Cultural Economics. Il a publié de nombreux travaux sur le sujet du piratage et de l’industrie culturelle et fait parti des sommités mondiales sur le sujet.
Nous, artistes, créateurs et collectifs citoyens, avons décidé de nous allier et de conjuguer nos efforts pour créer une alternative opérationnelle et économiquement réaliste. Ce processus est ouvert. Nous invitons chacun, qu'il soit pour ou contre le projet de loi Création & Internet, à nous rejoindre pour travailler ensemble.
L’objectif est de permettre une diffusion des œuvres compatible avec les intérêts et les libertés de chacun, en assurant à la fois un accès à la culture pour le plus grand nombre et un financement équitable pour les artistes/créateurs.
Notre désir de liberté ne signifie pas une négation des droits des créateurs, comme aimeraient le faire croire les défenseurs d’un Internet sous surveillance. Notre objectif est, bien au contraire, de mettre ces droits au centre de l’ère numérique. Un droit réaffirmé mais aussi un droit plus juste.
Un blog sur le Kéfir de lait.
Until CD sales really stagnate, all those revenue streams bring in more money than facing reality.
Si vous ne prenez pas vos affaires en main, les majors finiront par mettre en place la licence globale pour leur seul bénéfice et vous ne toucherez que des miettes, prévient Jacques Attali dans une interview donnée à iPol.
De quoi faire méditer les artistes qui soutiendrons lundi prochain à 11h au Théatre de l’Odéon Christine Albanel dans son ultime effort pour défendre une loi qui commence a avoir pas mal de plomb dans l’aile…
Alors que l’Assemblée Nationale s’apprête à voter, dans les mois qui viennent, une loi stupide qui sera dépassée à peine son décret d’application promulgué, le véritable enjeu est ailleurs, infiniment plus important que la mise au pas de vilains « pirates » (dont le tord qu’ils sont censés causer à l’industrie n’est toujours pas démontré à ce jour). Le véritable enjeu est de savoir quelles nations écriront demain la Culture du XXIe siècle, rien de moins, ceci en se libérant de la prison que lui ont construit ceux qui ont tiré profit de la Culture du XXe siècle.
Madame le Ministre, laissons-donc les vieux modèles économiques mourir de leur belle mort, et construisons tous le futur, un futur qui sera supporté par un réseau à très haut débit symétrique.
Je déclare que je suis l’un d’entre-eux.
Je déclare avoir consommé, remixé ou diffusé des œuvres culturelles.
Alors, pour eux je suis un pirate.
Pour lui, il faudrait de plus distinguer entre trois types d'œuvres:
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les œuvres fonctionnelles (logiciels, recettes de cuisine, œuvres éducatives, polices de caractères...), qui devraient être libres immédiatement;
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les œuvres d'opinion ou de témoignages, pour lesquelles il devrait y avoir un droit de copie et de modification restreint, comme actuellement, mais pas de droit de distribution commerciale de copie exacte (avant les dix ans après lesquels toute œuvre deviendrait libre)
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les œuvres d'art et de divertissement, dont des versions modifiées ne seraient autorisées que dix ans après publication, mais des copies exactes autorisées en diffusion non commerciale.
A ce sujet, il faut condamner des expressions comme “rémunérer”, ce qui induit une idée de dette. Il faut au contraire financer les arts, au lieu de devoir de l ‘argent si on apprécie une oeuvre.
Ensuite, le piratage n'est pas un “vol caractérisé”, expression qui ne veut rien dire. Un vol non caractérisé, ça s'appelle une relaxe, et un vol est l'appropriation frauduleuse de la chose d'autrui. Or il n'y a aucune dépossession en cas de copie illégale d'un film, ce qui exclut tout vol (il en va différemment si on vole la copie d'un film dans un supermarché sans la payer, par exemple, mais c'est le support, non l'œuvre, qui est volé, à son propriétaire, le supermarché, l'auteur ne subissant aucun préjudice).