En clair, en luttant contre l'échange de films et de musique sur Internet, le gouvernement encourage ses citoyens amateurs de culture à utiliser les mêmes méthodes de dissimulation que celles employées par les pédophiles. Lesquels deviendront très difficiles à repérer parmi la masse des internautes qui s'échangent simplement des contenus culturels.
Ipredator permet de réaliser l'ensemble de son activité Internet via un tunnel encrypté et au trafic non logué.
5€/mois qui auraient pu aller dans la Licence Globale pour les artistes seront donc utilisés par de nombreux internautes français pour contourner HADOPI.
- Imaginez qu’à chaque fois que vous décrochez votre téléphone, votre conversation soit écoutée .. juste comme ça, juste parce que tout le monde est présumé coupable ;
- Imaginez que la Poste ouvre SYSTÉMATIQUEMENT le courrier pour s’assurer que ce que contient l’enveloppe ne comporte rien d’illégal … et bientôt de subversif …
-* Imaginez qu’à chaque fois que vous prenez votre véhicule, un GPS affiche votre position en temps réel, votre vitesse (…) au ministère des transports … juste comme ça, pour votre « sécurité »…
Vous ne rêvez plus, souriez, voici la LOPPSI !
Parmi les informations qui ont fuité du traité ACTA – toujours en négociation -, on trouve aussi la possibilité pour les ayants droits d’accéder aux informations personnelles d’un internaute, suspecté d’avoir téléchargé un contenu copyrighté, sans avoir besoin de recourir à un juge. En bref, Hadopi, à coté, ce n’est pas grand chose, mais c’est un bon début.
Comment peut-on accepter que les règles qu’on tente de nous imposer sur Internet ne soient faites que pour entraver notre liberté ? En nous disant défendre le droit d’auteur, c’est un énorme mensonge qu’on nous sert, dont l’objectif est de contrôler l’incontrôlable… Pure utopie, perte d’argent et perte de nos libertés…
Sur Internet, cohabitation, coopération, cocréation… se combinent depuis longtemps pour engendrer une co-sécurisation. Si MAM comprenait un tant soit peu ce phénomène, elle proposerait de le stimuler, de l’expliquer, de l’encourager, de faire se parler ceux qui créent les outils, d’éveiller la conscience des usagers…
Mais avec sa décision, le Conseil constitutionnel a posé des bornes aux desseins sarkozistes. Il a en particulier jugé qu'Internet était une composante de la liberté d'expression et de communication, dont l'exercice constitue "une condition de la démocratie", et que "les atteintes portées à l'exercice de cette liberté doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées à l'objectif poursuivi".
Il l'a d'ailleurs affirmé avec force en exigeant que toute mesure de filtrage ne pourra être ordonnée par un juge que si elles sont "strictement nécessaires à la préservation des droits en cause", après un débat contradictoire. Un avertissemnet pour la Loppsi, qui prévoit un filtrage sur simple décision ministérielle.
Comme d'habitude dans le scrutin, l'abstention n'est pas prise en compte. Il est temps de corriger cela avec un coup d'arithmétique, et ça change radicalement la perspective :
- Abstention : 59,4%
- Majorité Présidentielle : 10,8%
- Parti Socialiste :6,4%
- Europe Ecologie : 6,3%
- Mouvement démocrate : 3,3%
Mais alors, comment définir les crimes ou les délits qui justifient des sanctions, et ceux qui ne le justifient pas ? Par son approche extrême, IPREDATOR refuse d'avoir à choisir. Ipodah y songe également. "Après tout, c'est le gouvernement qui force la démocratisation du chiffrement en voulant tout contrôler à outrance", constatent-ils.
Je ne vise qu'à essayer que chez nous aussi, les avantages d'un monde numérique soient possibles.
Sommes-nous vraiment demandeurs de toujours plus de sécurité, au détriment des libertés ?
Cette vidéo allemande, sous-titrée en français, montre très bien pourquoi les projets de loi comme Hadopi ou Loppsi ne sont plus acceptés par toute une nouvelle génération. Une génération qui n'aspire plus à une surenchère de sécurité, synonyme de surveillance généralisée, mais à une liberté synonyme de bien-être.
Et même si LOPPSI entre en œuvre (avec son plan de filtrage des sites web sur ordre du ministère de l'intérieur), cela n'aura pas le moindre effet sur ceux qui utilisent un VPN.
Petit à petit, les pièces du puzzle s'assemblent et l'image se révèle sous nos yeux. Le projet de loi Création et Internet n'a pas encore été promulgué que déjà le morceau suivant s'apprête à faire son apparition. Projet de loi après projet de loi, décret après décret, nomination après nomination, Nicolas Sarkozy prépare méthodiquement les moyens pour le gouvernement de contrôler Internet... et les internautes.
2009, c'est seulement 25 ans après 1984, et George Orwell n'est plus là pour nous imaginer ce que sera notre vie après l'adoption de cette loi...
Après HADOPI, la LOPPSI. Interview de Jean-Michel Planche
Rédigé par Marc Rees le 15 mai 2009
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La LOPPSI, la loi pour la performance de la sécurité intérieure, sera le prochain texte après le projet de loi Création et Internet et celui sur les jeux d’argent à vouloir réguler Internet.
Cette fois, la cause est sévère puisqu’il ne s’agit plus de musique, d’audiovisuel ou de machine à sous virtuelle, mais de pédophilie. Et autant le dire, toute démarche critique marque un risque ; celui-ci de vouloir sous-évaluer les atteintes à la dignité de la personne humaine, ici de l’enfant, sous des prétextes technico juridiques qui ne pèsent pas lourds. Reste que certains acteurs ne se privent pas pour dépassionner ce débat et mettre l’éclairage sur les points noirs de cette politique pénale et technique, le tout sous fond de neutralité des réseaux. C'est le cas de Jean-MIchel Planche.
La Lopsi devrait, par ailleurs, intégrer des mesures pour permettre aux enquêteurs, sous contrôle d'un juge, « de capter à distance des données numériques se trouvant dans un ordinateur ou transitant par lui ».