Je ne me permettrais pas de qualifier votre opération de rafle si des arrestations massives et improvisées n’avaient pas été constatées. Ces vingt-quatre heures de détention ont au moins eu le mérite de permettre l’échange avec mes codétenus… les nombreux cadres dirigeants et étudiants supérieurs qui m’entouraient me faisaient penser à ces élites que l’on enferme par crainte qu’ils deviennent des vecteurs de conscience.
10/ La dixième chose à marquer d’une pierre blanche, c’est qu’un feu s’est allumé, qui ne s’éteindra pas. Pour diverses raisons qui m’appartiennent, mais qui sont d’ordre pratique et absolument pas liées au fond du débat, je n’ai participé à aucune « manif pour tous ». Mais tout au long de ce débat, je dois avouer avoir été scotché par la capacité d’initiative des collectifs locaux et du collectif national de la Manif Pour Tous. Par les slogans, les affiches, les idées. Par la Manif Partout, qui a consisté à accueillir bruyamment tous les ministres en déplacement. Par la mobilisation effarante qui a grossi, mois après mois, et qui ne demande qu’à grandir encore. Par les Veilleurs, qui continuent de m’impressionner par leur calme détermination. Par cette notion « d’écologie humaine » qui me semble devoir être approfondie et expliquée au plus grand nombre.
La loi est votée, mais rien n’est fini. Le feu ne doit pas s’éteindre, mais s’étendre.
S’il est abusif et pour une part irresponsable de parler de menace de «guerre civile», il n’en est pas moins évident qu’une forme de paix civile a bien été ébranlée. On peut douter que la loi Taubira soit «digérée» par la société française, aussi promptement que certains veulent bien le prophétiser.
La philosophie libertaire n’a d’autre objet que de justifier cet égoïsme de classe. Et les lois libertaires qui déstructurent le mariage et la famille, ainsi que la culture et l’éducation, ont pour objet principal de tenter de solidariser le peuple avec cette philosophie qui le ruine. A partir du moment où l’on peut décider arbitrairement n’importe quoi en matière familiale, et qu’on peut même fabriquer des orphelins pour son plaisir, comment n’aurait-on pas le droit, à bien plus forte raison, de faire n’importe quoi de son argent dans la seule vue de son intérêt égoïste à court terme et même de fabriquer des chômeurs si on peut en tirer profit ?
Non seulement François Hollande creuse sa tombe, mais il ne rendra pas service aux personnes homosexuelles qu’il prétend protéger en violentant le consentement des Français. La dimension liberticide de sa politique n’en apparaîtra que plus nettement.
Des hommes politiques de gauche sont hostiles à une loi qui va à l'encontre de la réalité biologique de l'espèce humaine, le président de la République a été interpellé pour qu'il rende aux parlementaires leur liberté « en votant à bulletin secret selon leur conscience ». Cela rejoint les graves interrogations exprimées par le philosophe Guy Coq : « Dans une démocratie laïque, le politique ne saurait avoir la place d'un absolu... C'est seulement dans un parti totalitaire que la soumission à la discipline de groupe s'impose sans limites comme un absolu. »
Les objecteurs ne revendiquent rien, en effet, pour eux-mêmes. Ils refusent un mensonge, une tentative pour imposer à tous l’illusion poursuivie par quelques-uns. Il n’y a pas, en cette matière, de compromis possible. Ceux qui croient à cette illusion n’y renonceront pas. Ceux qui la craignent ne s’y résigneront pas. La loi sera appliquée, mais son injustice foncière – sa violence, donc – ne s’effacera pas.
Des incidents dont Hervé Mariton ne veut pas minimiser la gravité mais qu’il ramène à de justes proportions : « Le gouvernement, qui ne pouvait pas nier l’ampleur de la mobilisation, a braqué le projecteur sur des incidents somme toute marginaux, alors que ce rassemblement est à la fois populaire, structurant et joyeux, analyse le député de la Drôme : il réunit toutes les générations, toutes les professions, toutes les confessions ! C’est un mouvement extrêmement puissant et, pour tout dire, nous sommes nombreux à être épatés par le fait qu’une telle énergie puisse, comme cela, s’exprimer ! »
Nous devrions en arriver, dans 15 mois désormais, à choisir entre deux ou trois projets de sociétés (continuer comme avant n’étant, je me répète, plus vraiment une option).
Ces projets porteront des choix essentiels en matière de libertés numériques, car celles-ci viennent de sauter à la figure de tous, là où l’essentiel des citoyens français, parce qu’ils avaient un usage modéré ou inexistant d’internet, ne se pensaient pas un instant concernés par ces enjeux.
Ces libertés numériques orienteront notre avenir de façon radicale. Dictature de la transparence, société de la surveillance, une seule chose est sûre pour l’instant, c’est maintenant qu’il faut choisir.
Les démocraties considèrent qu’il faut faire confiance aux gens, que seule une minorité violera la loi, et qu’il est donc dangereux, et contre-productif, de considérer l’ensemble de leurs citoyens comme des délinquants potentiels, présumés criminels : la présomption d’innocence est la règle, et il revient à l’accusation de démontrer la culpabilité des suspects, pas aux suspects de démontrer leur innocence.
« Mme Morano en a assez d'être insultée. Sa qualité de ministre n'a rien à voir avec sa plainte. Elle ne le serait pas, ce serait pareil. »
==> Sauf qu'elle porte plainte contre X pour « injures publiques envers un membre du ministère »...