Mais plutôt, c'est plus grave, que les internautes qui défendent ces causes n'ont pas l'espoir que la démocratie du 20ème siècle puisse s'adapter à celle qu'ils créent ensemble au 21ème siècle.
Dit autrement, l'Hadopi ne changera strictement rien pour l'internaute, mais fragilise le sentiment d'appartenance du citoyen à une démocratie qui ne veut plus l'écouter. Elle participe à développer le "risque révolutionnaire" dont a parlé Dominique de Villepin.
Les états-majors politiques devraient se méfier du potentiel de radicalisation des plus jeunes dont ce genre de thématique est porteur. L'image du pirate, en particulier, suscite leur adhésion. Le héros moderne est un jeune hacker qui défie le système.
Ce système, au demeurant, n'offre aucune perspective d'avenir aux jeunes, tout en leur faisant déjà mesurer le poids de la facture qu'ils auront à payer - climatique, environnementale, économique, etc. Il sauve la peau de banquiers dont l'irresponsabilité a fait partir des milliers de milliards de dollars en fumée, mais plonge leurs parents et des pans entiers de l'humanité dans la précarité. Il ne prévoit aucune sanction contre les financiers de haut vol qui ont mis l'économie mondiale à genoux par excès d'avidité, mais veut couper l'accès à Internet de ceux qui téléchargent des chansons sans payer.
Il y a une semaine, Sylvain Zimmer, l’un des fondateurs de la plate-forme de musique « libre, légale et illimitée » Jamendo, faisait paraître un intéressant article témoignage dans la presse (en l’occurrence Le Monde), que nous avons choisi de reproduire ici avec son autorisation (oui, je sais, c’est sous licence Creative Commons, donc il n’y a pas besoin d’autorisation, mais rien n’empêche l’élégance et la courtoisie).
3 000 jours de retard, ça nous ramène directement à l’époque de l’apogée de Napster, où il n’était quand même pas si compliqué de comprendre que nous étions à l’aube de grands bouleversements dans le monde musical…
Il n’est pas inutile de rappeler que l’adoption de l’Hadopi, à l’instar de n’importe quel autre placement, sous surveillance, et par principe, de tout ou partie des internautes, ne pourra que nous entraîner à apprendre comment se protéger, et garantir nos libertés.
Un outil pour se positionner par rapport aux programmes des différents partis politique pour les élections européennes de 2009.
DeputesGodillots.info est un site communautaire qui vise à recenser les pratiques godillotes de certains députés de la majorité afin de permettre au président du groupe UMP de réaliser sa promesse de mettre fin à la notion de parlement godillot.
Sinon, Frédéric, j'ai un coup d'enfer à vous proposer. Vu que vous n'étiez pas là lors du fameux vote de la loi Hadopi, je vous conseille de vous dénoncer vous-même et d'annoncer que vous demandez à être sanctionné financièrement pour votre absence ce jour là. Agrémentez ça d'une déclaration au 20 heures de la 2 sur le thème: "Oui, nous parlementaires devons reconnaitre nos erreurs et être sanctionnés comme n'importe quel salarié qui fait une faute dans une entreprise!"; et enchainez le lendemain chez Morandini sur Europe 1: "Mes collègues ne comprennent pas que c'est grave! Nous devons arrêter de vivre coupés du monde et donner l'exemple!" et là, vous pourrez à nouveau dire, comme on dit parfois dans les hautes sphères de l'UMP: "Putain! On les a bien niqués ces cons!"
Le Parti des pirates se bat pour un Internet libre, sans aucune licence, dans une société ouverte. La liberté de communication est l'une des bases des droits de l'homme et fait partie de la Convention européenne des droits de l'homme. Les nouvelles technologies sont quelque chose de fantastique que nous devons encourager, et non entraver en mettant en prison les gens qui fournissent des infrastructures. Les politiciens ne pourront jamais mettre un terme à l'échange de fichiers mais ils peuvent causer des dommages à l'Internet et aux gens qui œuvrent pour le développer.
Le réel nous déplaît, changeons-le. Une vieille rengaine.
Nous organisons une manifestation unitaire des opposants à la loi HADOPI le 25 Avril 2009 à 14 heures, place Edouard Herriot à Paris. En province, des manifestations symboliques auront lieu. Nous n'avons que 16 jours pour boucler le projet. La manifestation est organisée avec le plus grand soin.
Durant les discussions au sein de l’Assemblée nationale, mais aussi dans les médias, Christine Albanel aura connu plusieurs accidents de parcours. Morceaux choisis.
Jean Dionis du Séjour, député du Nouveau Centre, lui aussi très impliqué dans la loi, confirme l'impression de son collègue socialiste: «Quand je prends la parole dans l'hémicycle, quelques minutes plus tard, mon assistant reçoit plusieurs mails qui approuvent ou critiquent mes paroles. Le soir, quand je rentre dans ma chambre, c'est troublant, j'ai plein de mails à lire et la plupart du temps, les gens s'y connaissent plus que nous».
Dionis du Séjour y voit un progrès de la démocratie: «Maintenant, il faut qu'on intègre que la démocratie représentative, ce ne sont plus des députés qu'on envoie à Paris mais aussi des députés qu'on peut observer en temps réel sur le site de l'Assemblée. Et ce ne sont plus que les lobbys qui nous observent, mais bien les vrais gens».
Le régime représentatif n'est pas la démocratie. Le résultat de la falsification du sens attaché au mot «démocratique», falsification portée par toute la puissance symbolique de sa consécration dans les textes fondateurs de nos Républiques depuis 1848, est de masquer ce que furent les outils utilisés par les Athéniens pour organiser leur gouvernement, et le plus important d'entre eux peut-être, le tirage au sort.
Madame le Ministre, laissons-donc les vieux modèles économiques mourir de leur belle mort, et construisons tous le futur, un futur qui sera supporté par un réseau à très haut débit symétrique.
Absurde parce que les vrais artistes n’ont rien à perdre à faire connaitre leurs œuvres, ce qui leur attirent de nouveaux spectateurs et les protègent, à terme, contre l’oubli.
Scandaleuse surtout parce que, pour une fois qu’on pouvait donner quelque chose gratuitement à la jeunesse, première victime de la crise, voilà qu’on préfère engraisser les majors de la musique et du cinéma, devenues aujourd’hui cyniquement, consciemment, les premiers parasites de la culture.
A la fin du 18ème siècle, les lois sur les droits d’auteurs ont été écrites pour protéger les créateurs contre les marchands. Au milieu du 19ème siècle, telle fut aussi la raison d’etre des premières sociétés d’auteurs . Voilà qu’on prétend les utiliser pour protéger les marchands contre les créateurs !
Ce n’est pas la première fois que je rencontre un député pour lui parler de ma façon de voir la future loi Hadopi, mais la rencontre que j’ai faite avec Martine Billard ce matin m’a éclairé sur un point : pour juger de la colère populaire liée à un projet de loi, les députés n’ont à leur disposition qu’un seul outil de mesure - en dehors des média de masse qui restent désespérément muets (complices ?) - cet outil, c’est leur inbox.
Une autorité (l'HADOPI), instaurée par le texte, agira sur dénonciation d'acteurs privés travaillant pour les industries du divertissement (syndicats professionnels, enquêteurs privés). L'HADOPI sera chargée, après recherche dans les données de connexions stockées par les fournisseurs d'accès, d'envoyer des courriers accusant les utilisateurs et les menaçant de sanctions. En cas de récidive, leur déconnexion d'Internet est ordonnée sans possibilité de se reconnecter pour une durée de 1 à 12 mois. Il n'est possible de contester ces accusations qu'une fois la sanction prononcée.
Ce dispositif pose de nombreuses questions d'ordre économique, technique et juridique, mais également des questions relatives au respect des droits et libertés fondamentales des citoyens.
Peter Sunde affirme que la raison pour laquelle l'industrie a souhaité organiser ce procès contre The Pirate Bay n'est pas une lutte contre le piratage de leurs films ou de leurs albums, mais une lutte pour la conservation d'un monopole sur les moyens de distribution.
"La violation de droit d'auteur n'est qu'une conséquence malheureuse de la liberté de partager qu'offre The Pirate Bay", estime Peter Sunde, qui assure qu'il y a des contenus libres beaucoup plus populaires que Harry Potter distribués grâce aux trackers de The Pirate Bay.
Le mot "Pirate", c'est une "étiquette qu'on colle aux gens qui n'utilisent pas des moyens traditionnels de distribution", a résumé Peter Sunde.
Nous sommes, de toute évidence, dans un procès politique.
En muselant Internet, Berlusconi renforce d'autant son énorme appareil militaire de propagande qui lui permet de distiller, aux doses et à la fréquence qu'il veut, l'information qu'il veut ou, pour mieux dire, la non-information dont il a besoin pour maintenir le peuple dans un état permanent de béate ignorance (qui se résume par la maxime suivante : panem et circenses, en remplaçant le pain par la pub, ou par le cul, c'est selon...).
La députée UMP des Ardennes, Bérangère Poletti, a retiré son amendement au projet de loi sur l'hôpital proposant d'"étendre aux sages-femmes la pratique des interruptions volontaires de grossesse par voie médicamenteuse" (cf. Synthèse de presse du 12/02/09). L'Assemblée nationale ne débattra donc pas de cette question. "Après consultation des organisations professionnelles, il apparait que beaucoup de sages-femmes ne souhaitent pas faire ce type de prescription. Et il n'est pas question d'obliger quiconque à agir contre sa conscience", a-t-elle expliqué.