Nous aussi, on vous surveille ;-) Et nous savons qui a voté pour être surveillé.
En Estonie, le code source utilisé dans le cadre des opérations de vote électronique a été rendu public. Cette démarche de transparence doit contribuer à renforcer la sécurité du dispositif, en permettant à chacun ayant des compétences de déceler des vulnérabilités. En France, l'opacité reste de mise.
Une prise en compte des bulletins blancs dans les suffrages exprimés aurait entraîné des problèmes "politiques" et "juridiques" en conduisant notamment à modifier les règles de calcul de la majorité absolue, a objecté le ministre, mais aussi le président de la commission des Lois, Jean-Jacques Urvoas (PS). Cela aurait, entre autres, "conduit Jacques Chirac en 1995 et François Hollande cette année à accéder au pouvoir suprême sans majorité absolue", a observé le député PS Pierre-Yves Le Borgn'.
Seuls ceux qui ne votent pas ou votent blanc ont le droit de se plaindre. Les autres ont ce qu'ils ont demandé.
Car si ce document de 45 pages, d'ailleurs passé largement inaperçu, n'était que d'une importance minime à nos yeux par rapport au principe que nous défendions, cette demande expresse qu'il soit retiré conforte notre analyse sur l'absence de transparence dans l'organisation du scrutin.
Il faudra, si le gouvernement souhaite renouveler l'expérience du vote électronique, que les prochains scrutins soient organisés avec une bien plus large ouverture au public des informations qui concernent les citoyens au premier chef.
Sans moi, cher ami. La vie m'a appris que lorsqu'un choix pervers nous est proposé, le mieux est de ne pas en faire.
Un commentaire du Conseil constitutionnel sur l’élection présidentielle de 2007 : « L’intrusion des machines à voter dépossède les citoyens de tout cela. Elle rend opaque ce qui était visible. Elle met fin à une ‘communion citoyenne’. Elle prive le corps électoral de la surveillance collective des opérations dans lesquelles s’incarne le suffrage universel. »