Petit à petit, le filtrage prend donc ses marques. Nicolas Sarkozy l’a réclamé de toute urgence pour contrer les contenus pédophiles sur le web, mais il se concrétise dès à présent autour des jeux d’argents et des paris en ligne, via ce texte. La loi Hadopi possède elle aussi son filtrage, mais il est nettement plus feutré : on évoque la possibilité pour le juge d’ordonner « toute mesure » contre « toute personne » pour faire cesser un acte de contrefaçon, mais les débats parlementaires ne trompent pas sur cette idée rampante qu’attendent avec impatience les ayants droit.
"L'obession de faire passer le texte à tout prix, dont je vois bien à quoi il correspond, me paraît de ce point de vu là dangereuse et révélatrice. C'est révélateur d'une chose en particulier, c'est qu'il n'y a pas de liberté du Parlement par rapport à l'exécutif"
C'est à ce moment là que j'ai abandonné la partie.
Conclusion: Ce n'est pas de sitôt que je retenterai l'expérience. Les offres de téléchargement payantes ne sont vraiment adaptées que pour le porno.
Faudra-t-il un jour ajouter les auteurs et éditeurs de livres scolaires à la liste des industries à indemniser par une licence globale ? Ou faut-il contrôler et lutter contre les copies par la menace du bâton ou de la riposte graduée ? Plus qu'un choix économique, c'est un choix de société, dont on commence à peine à décerner l'ampleur à venir.
« Nicolas Sarkozy en fait un point d'honneur ».
Et ce faisant, il en fait un objet de honte et de dégoût !
Mais plutôt, c'est plus grave, que les internautes qui défendent ces causes n'ont pas l'espoir que la démocratie du 20ème siècle puisse s'adapter à celle qu'ils créent ensemble au 21ème siècle.
Dit autrement, l'Hadopi ne changera strictement rien pour l'internaute, mais fragilise le sentiment d'appartenance du citoyen à une démocratie qui ne veut plus l'écouter. Elle participe à développer le "risque révolutionnaire" dont a parlé Dominique de Villepin.
Je regrette que ceux qui préconisent la chasse aux internautes ne sont pas les plus respectueux du droit des artistes
L’UMP va devoir mettre la main au porte-monnaie pour contrefaçon. Un coup dur à la veille du nouvel examen de la loi Hadopi sur les droits d’auteur et internet. Le parti de la majorité devra débourser un peu plus de 30.000 euros pour avoir utilisé sans autorisation un titre musical du groupe américain MGMT.
Patrick Waelbroeck est professeur associé à l’ENST au département Économie et Science Sociale. Il y enseigne l’économie industrielle et l’économétrie. Il est détenteur d’un doctorat obtenu à la Sorbonne et fait une partie de ses études à Yale. Ses recherches actuelles portent sur une approche à la fois pratique, scientifique et empirique du piratage sur internet et la protection technologique des industrie créatives. Il est également membre du comité éditorial du Journal of Cultural Economics. Il a publié de nombreux travaux sur le sujet du piratage et de l’industrie culturelle et fait parti des sommités mondiales sur le sujet.
La constitution de tels fichiers doit se faire « à partir d'un comportement individuel » et non d'après une appartenance ethnique, une race, une nationalité, un mouvement politique ou une religion.
Nos confrères de Bakchich.info ont publié un reportage vidéo sur le projet de loi Création et Internet, qui résume parfaitement les problèmes pratiques et idéologiques soulevés par la riposte graduée et l'Hadopi. A voir et à faire circuler
« Pour les députés de la majorité, le fond n'a plus aucune importance. Alors qu'une deuxième lecture est généralement l'occasion pour le gouvernement de mettre de l'eau dans son vin et d'adoucir les dispositions qui font le plus débat dans un souci de conciliation, le scénario du rejet de la loi Création et Internet le 9 avril dernier a fait de son durcissement et de son vote massif une question d'honneur politique. Non seulement les députés UMP seront cette fois présents en nombre pour voter le texte et ses amendements, mais ils le voteront en plus dans une version la plus répressive possible. »
J'ai honte d'être français.
Les députés ont confirmé lundi en commission que l'internaute devra continuer de payer son abonnement même si son accès à l'internet a été suspendu pour cause de téléchargement illégal.
«La suspension de l'accès (...) n'affecte pas par elle-même, le versement du prix de l'abonnement au fournisseur du service», selon l'amendement du gouvernement adopté par une majorité de députés en commission.
Les adversaires du texte parlent d'une «double peine». La ministre de la Culture, Christine Albanel, présente en commission, a évoqué pour sa part «une peine globale face à l'acharnement de ceux qui piratent», indique-t-on de source parlementaire.
Comment se configurer un proxy chez soi pour l'utiliser depuis des endroits où l'accès à Internet est bridé...
.monbloc {
background : #010415;
filter:alpha(opacity=50);
-moz-opacity:0.5;
-khtml-opacity: 0.5;
opacity: 0.5;
}
Cette loi n’est pas passée parce qu’elle est inapplicable et inégalitaire.
Le député de la Nièvre en appelle ainsi à des solutions comme celles issues des travaux de Philippe Aigrain, dont le livre « Internet et création » est à lire sur son blog, ou toute autre solution bien plus rémunératrice pour l’auteur que le bâton de l'Hadopi. « Pour ceux qui trouveraient insuffisante cette approche, je répondrai qu’elle me paraît beaucoup plus sécurisante que la loi Hadopi qui ne garantit pas un euro de plus aux artistes, sauf à croire que les « téléchargeurs » vont se replier en masse sur les cd ou sur des services en ligne (alors même que le streaming est gratuit, et que le téléchargement devient bien moins nécessaire avec l’internet mobile…) ».
Les majors, qui ont déjà compris que la loi Hadopi ne marchera pas, sont en train de mettre en place la licence globale, à leur seul profit, en se préparant à offrir des abonnements spécifiques sur internet qui permettront d'avoir accès à la totalité de leur catalogue, pour un prix forfaitaire (...) Les artistes en seront écartés, s'ils ne sont pas dans ces catalogues. Et même s'ils y sont, ils n'en auront que les miettes ;
Tout simplement, nous ne voulons pas cautionner un système qui oppose les auteurs et leur public, alors même que le projet de loi n’offre pas un euro de plus à la création.
Nous voudrions juste que ceux qui nous interpellent prennent conscience que voter une loi est un acte plus grave que de signer une pétition. C’est un engagement au service de l’intérêt général dont on doit répondre la tête haute, sans raser les murs.
On refuse même de débattre de notre proposition de « contribution créative » au prétexte qu’elle ne serait pas à la hauteur des enjeux financiers du téléchargement. De qui se moque-t-on ? La redevance de deux ou trois euros mensuels que nous proposons couplée à la réorientation de la taxe sur les FAI générera près d’un milliard d’euros pour rémunérer chaque année les droits d’auteurs, quand Hadopi ne leur rapportera pas un centime.
Elle est aussi l’occasion de forcer un dialogue sur les coûts de fabrication et de diffusion des produits culturels.
Nous sommes donc dans un dispositif où les députés sont en position de force car c'est eux qui auront le dernier mot.